Français: Boréal 1998

Note: Pour en savoir plus sur le congrès Boréal, visitez le site officiel au www.congresboreal.ca

Boréal 1998

1998, Christian Sauvé

1. BORÉAL?

Chaque année, des formes humanoïdes se dressent à travers l’est du Canada en convergent sur un hôtel du centre-ville de Montréal, où ils pratiquent pendant une fin de semaine des rituels tout aussi étranges les uns que les autres. (Aimer la SF? Écouter d’autres personnes parler? Faire écrire dans des livres? Acheter des livres? Que c’est bizarre!)

Goules? Zombis? Psychopathes? Non, et peu importe: c’est un autre congrès Boréal. Tenu à nouveau cette année en association avec la convention anglophone Con*Cept, Boréal est la rencontre des amateurs et des créateurs de Science-Fiction, de Fantastique et d’Horreur Canadiens-Français… 48 heures de discussions, de panels, de séances d’autographes, de débats parfois animés mais surtout, surtout de SF quasi-omniprésente.

Le tout avait lieu à Montréal, hôtel Days Inn (Centre-Ville), au coin de René Lévesque et Guy le 2, 3 et 4 Octobre 1998. A peu près une cinquantaine de Boréalois (Boré-aliens?) sur quelques 400 participants au congrès Con*Cept/Boréal en tout. Comme d’habitude du côté francophone, beaucoup plus de créateurs que de lecteurs. En fait de participation, Boréal pouvait à peu-près toujours compter sur une audience de 10-15 personnes, avec pics occasionnels vers les 25-30.

Ce compte-rendu à été préparé à partir de quelques notes prises durant le congrès en plus du programme officiel et de quelques souvenirs plutôt subjectifs. Il va de soi que certains panels resterons non-décrits parce que non-vus. Toutes les citations sont approximatives, la teneur des propos ayant -espérons-le- été maintenue. Les erratas, commentaires et critiques sont déjà accepté(e)s de bonne grâce.

2. HOTEL ET GÉNÉRALITÉS

Le congrès Boréal/Con*Cept’98 s’est tenu cette année -comme l’an dernier- au Days Inn Centre-Ville de Montréal. L’an passé, Boréal’97 avait légèrement souffert de la grève des employés de l’hôtel. Ironiquement, le problème persistait toujours cette année, bien qu’on nous a encore assuré que tout reviendrait dans l’ordre pour le prochain congrès. Refrain connu. Peu importe, puisque tout a quand même bien fonctionné.

Boréal/Con*Cept’98 étant le sixième congrès SF de votre reporter, il n’y a plus vraiment de surprise à ne pas voir d’horloges dans les salles de réunion. Ce qui ne veut cependant pas dire que ce n’est pas une bonne idée: Très peu de panels se sont terminés à l’heure, ce qui bien sûr n’aidait pas les suivant…

La plupart de la programmation Boréal à l’intérieur de Con*Cept s’est tenue dans la salle Nicolet, juste à côté des salles de jeu, des maquettes et de la projection vidéo. La salle était constamment surchauffée, au déplaisir plus ou moins vif de plusieurs. Ce qui était quand même mieux que l’odeur déplaisante qui régnait cette année au sous-sol de l’hôtel…

Oh oui: Un des ventilateurs dans la salle Nicolet vibrait, produisant périodiquement un bruit qui ressemblait étrangement aux applaudissements polis d’une audience à des concerts classiques…

L’hôtel était à un bloc de l’artère Sainte-Catherine, donc à distance de marche d’à peu près toutes les variétés imaginables d’établissements de restauration. Même si le restaurant de l’hôtel était fermé, personne n’est tout à fait mort de faim… Même qu’une fraction importante des participants à Boréal s’est retrouvé à la foire alimentaire Le Faubourg pour le souper du samedi soir.

L’exposition d’oeuvres d’art SF du congrès réunissait la plupart des artistes habituels à Con*Cept; Mario Giguère, SV Bell, Jean-Pierre Normand, etc… Normand y était toujours aussi impressionnant, avec son style très réaliste. (Ses fausses couvertures de romans SFCF à venir étaient très amusantes. Quand est-ce que l’on pourra lire “Godzilla vs Argus”?) Guy Englund a aussi fait une bonne impression avec ses pièces de fantaisie épique. La qualité du reste variait. Dans une autre salle, quelques maquettes, dont un assortiment des différentes versions de Godzilla.

La salle des marchands a fait dépenser beaucoup trop d’argent à votre correspondant, donc peut être considérée comme un succès. Notons particulièrement la table des livres d’Alire et autre SF francophone.

3. VENDREDI

Arrivée à Con*Cept/Boréal vers 15:30 et surprise, même 90 minutes avant le début de Boréal (Con*Cept débutant “officiellement” à 18:00) tout fonctionnait très bien; l’hôtel était prêt, les bénévoles étaient à leur poste et on pouvait s’inscrire sans aucun problème. Organisation formidable.

17:00 –Aimez-vous la SF Française?

Tous les participants (Jean-Louis Trudel, René Beaulieu et Jean-Pierre Moumon) ont répondu à la question de façon politiquement habile en disant qu’ils aimaient bien certains auteurs français. Ce n’était pas un bon panel pour entrer doucement dans le congrès; les trois participants sont rien de moins que des encyclopédies vivantes de la SF française et plusieurs membres de l’auditoire sont restés un peu en dehors de la discussion par manque de familiarité avec le matériel-source.

En contenu, tous les panelistes ont souligné la présence de cycles dans la SF française, mais la durée des cycles variait de 7-10 ans (Beaulieu), 15-20 ans (Moumon) ou des méta-cycles de 50 ans pour Trudel. Il fut aussi question de l’influence du cinéma, de l’effet fin de siècle et -hors-sujet- de l’apport d’idées par la science et le brassage des concepts à l’intérieur du genre. Un peu abrupt comme introduction, mais bien.

18:00 –Quelques années-lumière de pièges.

Le célèbre jeu-questionnaire du samedi soir de Boréal s’est vu cette année contraint à 60 minutes à l’heure du souper vendredi. Le résultat a été assez rapide, avec seulement quinze rondes de questions. Animation habile de René Beaulieu, participation bien enjouée des participants et intérêt soutenu de l’assistance. Quelques questions ridiculement faciles (cette année surtout portées sur le cinéma) ont ajouté au plaisir. Comme l’auteur de ces lignes était également l’auteur de la moitié des questions posées (“la moitié facile” dixit les concurrents) et celui qui comptait les points, il serait mal placé d’en discuter plus ici… Néanmoins, malgré le manque de temps et le placement bizarre dans l’horaire, une édition raisonnablement amusante du jeu questionnaire.

Question: Qui a remporté le jeu questionnaire?

Réponse: À leur plus grande surprise, l’équipe d’Éric Bourguignon et Patrick Sénécal… devançant les deux autres équipes d’un (1!) point.

19:00 –Ouverture de Con*Cept / Boréal.

Dans une autre décision discutable dans l’horaire, un panel fort intéressant de Boréal (sur la structure des nouvelles) avait lieu en même temps que l’ouverture du congrès… Le résultat, tout le monde peut s’en douter, était à peu près quatre personnes francophones à l’ouverture de leur propre congrès en compagnie des anglophones. Blah. Forrest J. Ackerman a débuté en disant qu’il était bien heureux d’être à Montréal… en français: “Je savais bien que les cours de français que j’ai pris à l’école secondaire il y a soixante-cinq ans allaient bien servir à quelque chose!”

20:00 –Le livre d’horreur le plus effrayant que vous ayez lu.

Le moment le plus horrifiant de cette discussion est sans doute quand l’animateur Éric Bourguignon s’est rendu compte que le panel ne durait pas trente minutes, mais bien une bonne heure…! Qu’à cela ne tienne, il a bien poursuivi et le panel fut très révélateur sur l’esprit des auteurs présents. Bizarrement, ce panel -comme tous les panels sur le fantastique- fut très personnel et par conséquent difficile à résumer ici. Mentionnons les auteurs et oeuvres citées comme horrifiantes: Jean Ray, “Survivor Type” et Pet Semetary de Stephen King, La série Book of Blood de Clive Barker et “L’enterrement prématuré” d’Edgar Allan Poe.

21:00 –Le concours de maltraitement de texte

Vous voulez rire? Vraiment beaucoup rire? Le concours de maltraitement de texte est fait pour vous! Ça fonctionne de la façon suivante: durant l’année, de braves éclaireurs dénichent des textes pourris. Avant Boréal, des auteurs écrivent de fausses suites au texte. Au congrès lui-même on lit le vrai et les faux et l’audience doit choisir quel est le bon texte. Ça parait dru comme description, mais la réalité est beaucoup plus intéressante, surtout quand certains auteurs participants décident de ne pas vouloir gagner et s’appliquent plutôt à produire des textes parfaitement horribles de nullité. Cette année, en plus du cabotinage habituel (“et intentionnel”, précise-t-il) de Jean-Louis Trudel, Daniel Sernine s’est aussi amusé et le résultat a probablement causé plus d’une mâchoire endolorie. Patrick Sénécal a remporté le concours pour une deuxième année de suite, alors que l’auditoire a presque récolté un blanchissage sur toute la ligne…

4. SAMEDI

10:00 –Pourquoi la nouvelle génération n’écrit-t-elle que du fantastique?

Pour commencer la journée, un panel intéressant: Au départ pour discuter de la montée du fantastique chez la dernière génération d’écrivains, il a été amusant de voir que la discussion a surtout porté -sur un ton défensif- sur pourquoi cette “nouvelle” génération n’écrivait pas de SF. Quelles que soient les raisons (Pierre-Luc Lafrance: On écrit ce que l’on lit. Éric Bourguignon: Pas d’orientation vers les sciences au secondaire. Patrick Sénécal: Peu d’attrait commercial, peur de commettre des erreurs.), la discussion fut intéressante, bien qu’un peu trop orientée sur le non-SF que le pro-fantastique. Digressions vers la place de l’exactitude en SF, les opinions paraissant parfois incohérentes. Yves Meynard -dans l’audience- a fait une intervention remarquée en précisant que la science “n’apporte pas de solutions”, mais propose un ensemble de méthodes et d’hypothèses sans cesse plus raffinées pour expliquer le monde. Un bon début de journée.

12:00 –Faut-il croire au surnaturel pour écrire du fantastique?

Bien qu’Éric Gauthier commentait que certains panels pouvaient être réglés en une minute et trois réponses, il est valable de constater que celui-ci ne s’est pas terminé aussi facilement. Malgré la dérive du panel vers le thème du mal et des psychopathes, il n’a pas perdu son intérêt non plus (il est une caractéristique de Boréal que même les digressions sont fascinantes). Pour en revenir au thème du panel, Elisabeth Vonarburg (dans l’assistance) a remarquée qu’un certain “sens du sacré” était essentiel. D’autres panelistes ont exprimé l’opinion que le fait de croire peut entraîner un manque de scepticisme et de sens dramatique qui endommage l’oeuvre. Pas fou.

14:00 –La SF et le fantastique sont-ils genres proches ou aux antipodes?

Inutile de dire que l’on a pas réglé ce débat-là! En fait, c’est à peine si on en a parlé, passant la plupart du temps à discuter de rationalité, de cohérence interne, de définition socio-économique des para-littératures (Meynard, je crois: les para-littératures sont des genres lus par les cols-bleus, alors que la “vraie” littérature est l’apanage des intellos…) et, oui, oui, de post-modernisme. Voir commentaire plus haut sur la valeur des digressions…

16:00 –La SF féministe et la SF masculiniste

(Note: L’auteur de ces lignes était le seul panelliste masculin à ce panel. Ne vous attendez pas a un résumé objectif.)

Panel à un seul sens, puisqu’il est quand même assez évident que la SF passée (et actuelle, quand même!) est surtout écrite par hommes pour hommes. Si la SF féministe existe bien, il faut plus parler d’une SF masculine plutôt que d’une SF explicitement réactionnaire que l’on pourrait qualifier de “masculiniste.” Il était aussi impossible pour l’animatrice Élisabeth Vonarburg de susciter un débat sur la valeur de personnage féminins réalistes, puisqu’au fond, c’est des personnages réalistes point qui sont souhaitables. Le panel a aussi déploré en bloc l’absence de vrais bons rôles féminins en fait de SF média. Peu de désaccord, et un débat qui tournait un peu dans l’évidence. C’est qu’il y aurait fallu un bon vrai macho-sans-honte sur le panel pour faire bouger les choses!

17:00 –Réunion générale de SFSF Boréal

Boréal est un congrès, soit, mais il faut bien une organisation pour faire fonctionner tout ça! C’est à quoi a servi ce “panel”, réunion publique du conseil d’administration de SFSF Boréal. Habituellement, le tout se passe plutôt sans grande discussion, mais deux -trois- grands petits débats sont venus ralentir con
sidérablement le processus.

Premièrement, la suggestion du président Claude Mercier de distribuer la tâche de l’organisation du congrès parmi tous les membres de l’exécutif a été favorablement reçue, mais c’est rapidement embourbée en détails qui n’avaient que très peu à faire avec la proposition.

Deuxièmement, une ré-examination des règlements des prix Boréal, étant donné une irrégularité (qui s’est révélée sans grande conséquence) dans les votes reçus par Internet. Encore là, la solution était simple, mais le débat, lui, ne s’est pas réglé aussi facilement.

Troisièmement, l’absence d’une personne particulière à Boréal’98 fut discutée. Inutile d’en dire plus ici, si ce n’est que malgré la résolution adoptée, le fond du débat n’a pas été abordé, et s’avère probablement beaucoup plus inquiétant dans le non-dit (ou le “dit en oblique”).

Avec tout ça, on a à peine eu de temps de décider que Boréal’99 allait avoir lieu à Con*Cept’99 (1-2-3 Octobre 1999, même hôtel) et pas du tout le temps pour trouver des remplaçants aux deux administratrices partantes, Ann Methe et Yolande Rufiange. Vote reporté au lendemain. La réunion s’est terminée alors que l’heure du souper était bien entamée.

20:00 –Pourquoi une grande partie de l’horreur moderne tourne-t-elle autour de la sexualité?

Avec un sujet comme ça, vous pouvez deviner que la discussion n’est pas restée sur le sujet. On a parlé d’horreur et de sexe, mais comme Esther Rochon faisait remarquer, pas des deux. Élisabeth Vonarburg se demandait bien ce qu’elle faisait sur ce panel (“Mais j’écris même pas de fantastique!”) tout en se tirant évidemment fort bien d’affaire. Patrick Sénécal a fait une sortie intéressante contre le puritanisme hypocrite de l’horreur. Est-ce que ça surprend quelqu’un de savoir qu’il s’est discuté vampires? Ah bon.

21:00 –Encan

Quelques aubaines pour les amateurs de SF francophone: Des livres Alire pour moins de 6-8$, la superbe anthologie “SF’98” des éditions Orion pour 5$ (achetée par votre reporter qui en reparlera bien à un moment), livres anglophones, posters, t-shirts et bibelots SF…

23:00 –La vie secrète des écrivains

Pour clore la journée sous une atmosphère plus sociale, Natasha Beaulieu reprit son panel de Boréal’95 sur les habitudes d’écriture des écrivains. Rien de bien compliqué: une série de questions plus ou moins indiscrètes qui permettaient aux auteurs de discourir sur leurs tics et la mécanique de leur écriture. Révélations de Serena Gentilhomme, Claude Mercier et Claude Bolduc, qui remplaça Patrick Senécal à pied levé… (oh, la mauvaise blague…) Mot clé du panel? Grelots, bien sûr…

5. DIMANCHE

10:00 –Si borg vous était conté

Panel sur les possibilités offertes par les nouvelles technologies pour modifier nos corps. Votre reporter s’est retrouvé sur le panel en remplacement d’un autre panéliste, arrivé plus tard. La modératrice Élisabeth Vonarburg a vu la discussion dériver sur l’immortalité, et en a profité pour faire parler chaque personne de l’auditoire (sans exception) sur la question “Est-ce que vous aimeriez que votre date d’expiration soit repoussée?” Il a été réconfortant de voir qu’en grande majorité, les membres de l’audience pensaient qu’il s’agissait d’un but louable (“A condition d’avoir le choix” nuança bien Sylvie Bérard.) Espérons qu’il y avait des gens qui prenaient des notes dans la salle, parce que ce panel contenait assez d’idées pour remplir au moins un bon gros roman.

11:00 –Élitisme et SF

Prise de conscience de Boréal? Pas vraiment. Malgré les meilleurs efforts de l’auteur de ces lignes à tenter de prouver que les membres de Boréal étaient des élites, personne n’a rien voulu entendre et tous se sont joyeusement réclamés du peuple. (Une seule exception, tellement facile que l’on hésite à en parler; celle des fanatiques de Star Trek et Star Wars.) Il est intéressant de constater que les participants de Boréal ont réagi fort différemment que des fans du coté plus anglophone, ou un élitisme certain semble être fondamental à l’engouement pour le genre (“Fans are Slans”, quelqu’un?). Deux raisons possibles: Moins de lecteurs-purs de SF, et un sentiment beaucoup plus “familial” qu’élitiste que la part des fans Canadiens-Français.

Quel qu’il en soit, la meilleure intervention du panel revient à Sylvie Bérard, qui soulignait qu’il fallait bien un congrès de SF pour s’interroger sur l’élitisme alors que le milieu académique ne s’en dérange pas du tout…

12:00 –Horreur fantastique vs horreur réaliste

Un des problèmes d’avoir tant de panels sur le fantastique -souvent avec la même brochette d’invités-, c’est qu’à la fin, ils finissent tous pas créer une impression d’ensemble. C’est un peu pourquoi ce panel semble un peu diffus, bien qu’il a été question -entre bien d’autres- des scrupules d’auteurs d’horreur et du rôle des médias dans la redéfinition du fantastique comme horreur (et, à bien y penser, vice-versa). Séréna Gentilhomme s’attaqua à un point important quand elle mentionna que “la fiction réaliste doit éviter la complaisance des médias”.

13:00 –Cérémonie de remise des prix Aurora.

Il y a des choses qui fonctionnent bien à la remise des Oscars et il y a des choses qui fonctionnent mieux dans une petite salle. Malgré la capacité de la salle St-Laurent, le fonctionnement de la remise de prix était simplement horrible, long et agaçant. En plus des deux maîtres de cérémonie, deux personnes devaient aller présenter chaque prix, qui étaient acceptées par une autre personne… ugh! La frustration grondait à l’arrière de la salle.

Les résultats? Voici ceux de relevance à Boréal:

  • Meilleur livre: L’Odyssée du Pénélope, Jean-Pierre Guillet
  • Meilleure nouvelle: “Une lettre de ma mère”, Yves Meynard
  • Meilleur autre ouvrage en français: Solaris, Hugues Morin, réd.
  • Accomplissement artistique: Jean-Pierre Normand.

Avouons que le résultat du Meilleur Livre était une surprise pour plusieurs.

Hugues Morin s’est bien amusé à décrire les conséquences sanguinolentes d’un accident impliquant un prix Aurora (qui pourrait probablement être classé comme arme dangereuse étant donnée le coupant des pièces de métal qui composent le trophée)… Étant donné son imagination d’écrivain d’horreur et son accès à un objet contondant, il était probablement l’un des hommes les plus dangereux du congrès à ce moment!

14:00 –Remise des prix Boréal.

Beaucoup plus plaisant comme cérémonie, sans excès de formalisme et amplement d’humour. Résultats?

  • Meilleur Livre: Corps-Machines et rêves d’anges, Alain Bergeron
  • Meilleure nouvelle: “Une lettre de ma mère”, Yves Meynard
  • Meilleure production critique: Hugues Morin
  • Meilleur Fanéditeur: Hugues Morin
  • Travail Artistique: Jacques Lamontagne

Participation significativement plus nombreuse au scrutin cette année, et au moins 25 personnes dans la salle.

La remise des prix s’est terminée par les nominations (et élection) de Natascha Beaulieu et de Claude Bolduc comme administrateurs de SFSF Boréal. Bravo!

15:00 –Les oeuvres qui ont le plus influencé les écrivains de SF&F

Pas tout a fait la même chose que “oeuvre les plus horrifiantes”, mais semblable. Très bien mené par Éric Bourguignon -qui est probablement celui qui comprend le mieux ce que devrait être le rôle d’un modérateur-, ce panel nous a permis de voir Yves Meynard à son plus intéressant (il donnait vraiment l’envie de lire tous les livres qu’il aimait: Vance, Wolfe et Little, Big de Crowley) et d’en connaître un peu plus sur l’enfance d’Esther Rochon.

16:00 –Les films d’horreur

A défaut d’une bonne cérémonie de clôture, un panel sur les films d’horreur. Sept panellistes, mais les suspects habituels ont retenu l’attention: Patrick Sénécal, Éric Bourguignon, Serena Gentilhomme et Hugues Morin. Discussion animée avec plusieurs mentions des classiques: THE EXORCIST, ROSEMARY’S BABY, SEVEN (Hé oui…), C’EST ARRIVÉ PRÈS DE CHEZ VOUS… Un peu comme il est difficile de mal conclure un samedi soir avec un film d’horreur, c’était une bonne fin à un très bon congrès.

Rideau sur Boréal.

6. CONCLUSIONS

Quoi dire d’autre que la même chose de d’habitude? Hé oui, Boréal était un excellent congrès. Ce n’est pas pour rien que l’expression “réunion de famille” revenait souvent. Jusqu’à un certain point, les panels étaient d’une importance secondaire, cédant la place aux rencontres entre les gens de la SF francophone.

Ce qui ne veut pas dire que les panels étaient sans pertinence; loin de la! Cette année, la direction que Claude Mercier a donné au congrès incluait une proportion égale de panels sur la SF et sur le fantastique, chose qui n’a pas semblé déplaire à la plupart. Même que votre reporter, fana bien décidé de la SF pure, s’est quand même retrouvé à la plupart des panels, peu importe de quel genre il s’agissait. La qualité des échanges au congrès Boréal est une tradition… c’est que la plupart des participants sont articulés, intelligents et non sans un sens de l’humour: combinaison dangereuse!

Le jumelage Con*Cept/Boréal n’a pas été sans légers heurts cette année, (une situation ironiquement aggravée par la présence des prix Auroras!) mais il est à souhaiter que l’association se poursuive: Malgré le caractère éminemment plus littéraire du coté Boréal et la réticence des Boréaliens d’admettre qu’ils sont dans le même congrès que les gens habillés en uniformes de Star Trek, force est d’avouer que le dynamisme de ces gens déteint -même indirectement- sur Boréal. C’est agréable de se trouver dans un hôtel où il y a indéniablement une présence SF.

Comparé aux congrès précédents, il y avait beaucoup moins de panélistes, en moyenne, par panel: Un modérateur, trois panélistes pour remplir une heure. Bien que le potentiel y fût pour des temps morts, le résultat final a été que le public s’est vu beaucoup plus impliqué cette année. Choix judicieux!

On peut cependant déplorer un léger manque de structure dans l’organisation des panels. Soit, le vendredi s’est achevé par une activité très sociale comme le concours de maltraitement de texte, mais rien de tel le samedi soir -rempli de panels- alors que le jeu questionnaire a été relégué à soixante minutes le vendredi à 18:00. Similairement, pas de conclusion “formelle” au congrès; simplement trois autres panels après la remise des prix Boréal… Pour réveiller les gens, il y aurait peut-être été plus approprié de mettre un panel fort (tiens; sexe et violence dans le fantastique) comme première activité le matin… ce qui avait très bien fonctionné il y a deux ans. Comme toujours, place aux améliorations. Le manque d’un programme plus long (le pocket-program ne contenait que les titres des panels, mais pas le libellé!) est sans doute dû à des difficultés techniques; soyons compréhensif.

Mais que ceci n’enlève rien au magnifique travail de Claude Mercier, qui s’est magnifiquement bien tiré d’affaire. Le congrès Boréal’98 était solide, plaisant et intéressant. Ça augure très bien pour l’an prochain; Soyez-y!

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