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Note: Pour en savoir plus sur le congrès Boréal, visitez le site officiel au www.congresboreal.ca

Boréal 20e anniversaire

1999,

INTRODUCTION

« Il y a exactement vingt ans que se tenait le congrès Boréal, le premier des congrès québécois sur la science-fiction et le fantastique, à l’Université du Québec à Chicoutimi…  De l’avis des historiens des genres populaire au Canada, c’est le second événement fondateur de la littérature de SF&F moderne au Québec, après la création en 1974 de la revue Requiem… »

« Boréal, 20 ans », programme officiel.

Boréal 20 anniversaire eu lieu du 16 au 18 juillet 1999.  À plusieurs égards, ce ne fut pas une rencontre calquée sur le modèle américain habituel.  Comme le souligna souvent l’organisatrice Élisabeth Vonarburg, Boréal-20e n’était « pas un congrès! »  Vaut mieux parler d’une réunion de ce qu’est la grande famille de la SF(Q/CF).

C’est pour cette raison que ce compte-rendu sera à la fois plus court et beaucoup moins formel que les rapports Boréal habituels: L’emphase moindre mise sur les panels et la nature plus sociale/personnelle des autres activités de la fin de semaine ne se prêtent pas à un bon compte-rendu.  Votre correspondant n’ayant pas pris de notes durant Boréal-20e, ce qui suit n’est déjà que pure mémoire…

 

LIEUX

Le premier Boréal s’étant déroulé en juillet 1979 à l’Université du Québec à Chicoutimi, il était donc naturel d’organiser un anniversaire à Chicoutimi même.  De tous les coins de la province (et même hors-celle-ci), les Boréaliens vétérans ou plus récents ont donc convergé vers la région du Saguenay.

Pour certains, c’était une première visite dans la région, et une première chance pour se familiariser avec la ville aux pentes impossibles.  Ceux qui cherchaient trace des célèbres inondations de 1997 sont restés déçus:  Même les berges de la rivière Saguenay ont été remises à neuf sous forme d’un parc très agréable.

Boréal-20e se tenait, à proprement dit, sur le campus de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC).  Non loin d’à la fois l’artère commerciale de la ville (Boulevard Talbot) et de la rue principale (Rue Racine), l’endroit est facile à trouver et à négocier.  N’adhérant pas strictement à un désir de revenir vingt ans en arrière, le gros des activités de Boréal-20e s’est déroulée dans le nouveau (1998) pavillon des Humanités, à un pas de l’édifice principal du campus.

Les participants au congrès ont en grande partie logé dans les résidences étudiantes, majoritairement libres durant l’été. Bien conçues et situées près du lieu des activités, les résidences offraient un moyen peu dispendieux de loger à Chicoutimi.  Le manque d’air climatisé, cependant, devint notable étant donnée la température presqu’uniformément chaude et humide qu’il a fait durant tout le congrès.

Le pavillon des Humanités est un bâtiment moderne et spacieux.  Boréal-20e y occupait trois pièces du premier étage:  Une salle d’exposition, une salle pour les panels et « Le Salon du recteur », qui a servi aux pauses, au cocktail et au maltraitement de texte. La salle d’exposition contenait des oeuvres d’arts, des costumes, des centaines de livres de SFQ démontrant bien la richesse de ce qui s’est produit en plus de 20 ans.  Dans la salle des panels, une exposition de photos a rappelée plusieurs souvenirs à tous.  (La plupart des commentaires avaient trait à l’évolution des cheveux et du tour de taille des participants…)

 

VENDREDI

Plusieurs congressistes étant arrivés le jeudi, Boréal-20e s’est permis de débuter tôt le matin (9:00) par un déjeuner au restaurant « Chez Cora », situé à une courte distance automobile du campus.

Les besoins alimentaires ayant ainsi été satisfaits, Boréal-20e a pu débuter à l’UQAC vers 11:00.  L’horaire disait 10:30, mais Élisabeth Vonarburg a rappelé à tous de ne pas se formaliser de l’heure précise.  Le premier panel tenait sur le fantastique:  son rôle, sa popularité et ses degrés.  L’attitude décontractée du panel devint rapidement évidente quand l’agencement des chaises de la salle s’est transformé en cercle plutôt qu’en configuration « salle de classe ».  Les panélistes étant dispersées un peu partout autour du cercle, la discussion fut beaucoup moins structurée qu’en congrès normal, tout en réussissant à rester sur le sujet.  Quantité de portes ouvertes furent défoncée pendant ce panel, mais comme activité d’échauffement, on ne pouvait souhaiter mieux.

Le congrès prévoyait généralement deux panels par sessions d’une heure trente.  En pratique, la plupart des « deuxièmes panels » n’ont jamais eu lieu, se révélant redondants ou simplement submergés par les latitudes à l’horaire. 

Ce qui explique pourquoi le panel suivant n’eu lieu qu’à 13:30.  Alain Bergeron, dans une allocution magistrale qui a tenu lieu de « discours du trône » pour Boréal-20e, a ouvert la discussion en survolant ce qui était arrivé dans le milieu de la Science-fiction Québécoise (« Canadienne-française! » de souligner les deux franco-ontariens dans l’audience,) depuis vingt ans:  Formation du milieu fanique, de supports éditoriaux, d’un corps d’oeuvres essentielles…  Après une évaluation honnête et assez complète des événements, Bergeron a conclu que « vingt ans, c’est encore jeune ».

Sur cette lancée, les participants ont discuté des tendances actuelles de la SF, d’une perspective plus étendue que celle de la SF francophone.  Même si plusieurs participants ne sont pas convaincus que la SF a considérablement évolué depuis les années 60-70, personne n’a voulu s’aventurer à dire que cette stagnation thématique veut nécessairement dire que la SF est de moins bonne qualité.  Il y fut aussi question d’une fragmentation de la SF en dérivées plus terre-à-terre:  Program
mation informatique, ouvrages techno-sociaux tel « Wired »…

A 15:30, Jean-Louis Trudel a entamé son exposé sur l’époque des pulps au Québec.  Ce fut sans contredit le panel le plus formel de la fin de semaine, mais aussi l’un des plus informatifs.  En quelques minutes, Trudel a fait le survol de ces magazines à feuilleton des années 30-60 tout en soulignant les forts aspects SFictifs de plusieurs d’entre eux.  Un travail de recherche formidable, et sans doute bientôt disponible dans un format plus facilement accessible, puisqu’il s’agissait d’une présentation basée sur un travail de recherche en cours d’écriture.

Le reste de l’après-midi s’est déroulé au Salon du Recteur, où un cocktail était offert par l’UQAC et L’association professionnelle des écrivains de la Sagamie.  Des discussions informelles ont fait passer le temps jusqu’à 19:30, lorsque Boréal-20e s’est déplacé sur les lieux du premier congrès (le pavillon Sagamie) pour quelques lectures et « Tyranaël Oratorio », une création musicale (musique contemporaine) par les productions du CEM et le groupe CL2B, avec texte par Élisabeth Vonarburg.  Les réactions à l’aspect musical de l’Oratorio furent partagées.  (Beaucoup ont aimés, mais « Pas mon style » fut un commentaire fréquent, « Quoi, c’était pas ‘Tyranaël, Ontario?’  Qu’est-ce que je fais ici? » dixit votre journaliste.)

 

SAMEDI

La journée a débuté de façon bien conventionnelle à 10:00 par un panel sur le manque d’auteurs de fantasy au Québec.  Jean Pettigrew a avancé que le boom actuel de lecture en fantasy produira des écrivains, mais que ceux-ci n’émergerons que dans 10-15 ans.  S’est ensuit, assez curieusement, un rare survol des projets des auteurs réunis.  Vonarburg, McAllister, Meynard et Champetier préparent tous quelque chose…  « Ça devrait nous tenir pour 15 ans » lança Vonarburg.

Étrangement, le deuxième panel de l’avant-midi a bel et bien eu lieu.  Portant initialement sur « les cyber-enragés comme le renouveau des genres au Québec », la discussion s’est déplacée sur l’effet potentiellement dévastateur des nouveaux médias électroniques sur la lecture traditionnelle.  S’ensuivi inévitablement un panel sur les tendances de lecture. La discussion s’est même enflammée autour de la corrélation entre le niveau social et l’habitude de lire.  (Les pauvres lisent-ils plus?, etc…)  Comme d’habitude, peu de conclusions mais beaucoup de discussion.

L’après-midi reprit avec un panel sur la « Fusion/Confusion/Diffusion » des genres littéraires.  Si la plupart des participants se sont mis d’accord pour dire qu’il y avait une tendance vers les oeuvres hybrides, tous avaient leurs propres idées sur la signification de cette fusion.  Jean-Jacques Pelletier a fait bondir plusieurs personnes en disant que cette fusion des genres allait éventuellement être la planche de salut de la littérature « mainstream ».

Après une petite pause, on a eu droit à un panel fort intéressant sur le cinéma SF/F au Québec.  Après une courte présentation d’Éric Tessier sur l’histoire des films SF&F au Canada (liste d’oeuvres à l’appui), Joël Champetier et Patrick Senécal ont à tour de rôle expliqué pourquoi et comment leurs livres (La Peau Blanche et Sur le Seuil, respectivement) sont présentement en cours de pré-production.  Le producteur de Sur le Seuil, Éric Tessier, était au congrès toute la fin de semaine, et a apporté plusieurs clarifications éclairantes lors de ce panel.  Souhaitons bonne chance -et bon financement- aux deux projets…

Sur ce, les participants au congrès se sont déplacés à L’Auberge des Battures, Ville-de-la-Baie pour un souper/lecture/encan.  Si le souper n’avait rien d’exceptionnel au niveau culinaire (« Trop de sel », etc…), les lectures étaient fort amusantes.  Jean-Jacques Pelletier, Stanley Péan et Hugues Morin ont lu de courtes nouvelles, et Patrick Senécal a sans doute réussi à convaincre au moins la moitié de son audience d’acheter son prochain roman avec un extrait ahurissant d’Alice.  La seconde moitié des lectures s’est déroulé dehors, ce qui était une bonne idée au début avec le coucher de soleil, et une moins bonne idée à la fin parmi les moustiques.  L’encan mettait en vente des pièces de collection sorties tout droit de l’histoire de la SFQ:  Affiches, manuscrits, fanzines, monolithe…  L’encan souffrait d’un léger manque d’organisation, mais à l’image de la fin de semaine, personne ne s’en est offusqué.

 

DIMANCHE

La seule activité formelle notable du dimanche fut la rétrospective du concours de maltraitement de texte, présentant les meilleurs moments de cet infâme exercice en mauvais textes délibérés.  Il a été intéressant de noter qu’au cours des années, le concours s’est sclérosé, passant de trois à six(!) textes par rondes…  Beaucoup de rires, et surtout un texte final de Daniel Sernine qui a produit des convulsions dans l’audience.

Sur ce, il était temps de se dire au revoir, et au prochain congrès Boréal.

 

EN (COURTE) CONCLUSION

Ce n’était pas un congrès Boréal ordinaire, ni un bon congrès pour découvrir le milieu.  (Ceci étant dit, des apprentis-boréaliens comme Maurice Dantec, Stanley Péan et Jean-Jacques Pelletier ont étés accueillis à bras grands ouverts.) Manifestement conçu pour et par des gens du milieu, Boréal-20e a réussi à remplir ses objectifs principaux de célébration d’un 20 ans significatif et de rencontre informelle entre les gens du milieu.

En attendant Boréal-30e, rendez-vous le 1-2-3 octobre 1999 au Day’s Inn Centre-Ville, Montréal!