A l’affiche 2006

A l’affiche 2006

Affiche: ULTRAVIOLETOui, j’aurais pu vous parler d’UNDERWORLD: EVOLUTION. Mais à quoi bon, pour un film où la meilleure et la pire chose à dire est de souligner qu’il est aussi bon que le premier UNDERWORLD?

Discutons plutôt de quelque chose de bien plus inusité: La bande-annonce du prochain film de Kurt Wimmer, ULTRAVIOLET, starring Milla Jovovich dans un autre rôle où elle doit se laisser couler dans des vêtements moulants, tolérer une mauvaise coupe de cheveux et tirer de l’arme automatique au plus grand plaisir de tous. Typecasting? Mais voyons donc…

ULTRAVIOLET, c’est surtout le prochain film du scénariste/réalisateur Kurt Wimmer, dont l’excellent EQUILIBRIUM avait laissé plus d’un fan complètement pantois. Ne râclez pas votre mémoire, vous n’avez pas vu EQUILIBRIUM au cinéma à la fin 2002: Torpillé par le studio avec une distribution nord-américaine confidentielle, EQUILIBRIUM a surtout connu une sortie straight-to-DVD à la mi-2003. Réalisé avec un scénario convenable et une énergie du tonnerre, EQUILIBRIUM a depuis acquis une modeste réputation comme un petit bijou méconnu.

Si je discute autant d’EQUILIBRIUM avant d’examiner ULTRAVIOLET, c’est premièrement parce que la bande annonce est définitivement du même réalisateur. Deuxièmement, vous méritez de voir de bons petits films de SF, et vous avez peut-être loupé EQUILIBRIUM jusqu’ici. Remédiez à cette carence culturelle dès maintenant et revenez lire après la (suite…)

Bon; vous avez vu EQUILIBRIUM. Maintenant que vous êtes fasciné par le gun-kata, par la fluidité étonnante des scènes d’action de Wimmer, par la vision claire de sa réalisation, par de ce qu’il est capable de faire avec un petit budget, n’avez-vous pas hâte de voir ULTRAVIOLET? Bonne nouvelle: la bande annonce se trouve dès maintenant chez UGO.com (Malheureusement, c’est en format “Quicktime-streamable”: pas de téléchargement direct)

Dans le désordre, quelques impressions au sujet de la bande annonce:

Déjà vu (1): “Hello, My name is Violet…” Aïe: cinq mots dans la bande annonce, et nous sommes déjà en territoire connu. Pour les étudiants en trailerologie, une jeune femme qui narre “My name is…” dans les premières secondes d’une bande annonce rappelle immédiatement DOMINO (“My name is Domino, and I’m a bounty hunter (bounty hunter)”) et… RESIDENT EVIL: APOCALYPSE (“My name is Alice“).

Milla Jovovich: Puisque nous parlons déjà de Mlle Jovovich, pourquoi ne pas mentionner qu’elle commence sérieusement à être typée? Après THE FIFTH ELEMENT et les deux RESIDENT EVIL, la voici de retour avec deux fois plus de fusils et deux fois plus de vêtements (ce qui n’est pas encore beaucoup). Mauvaise perruque (si c’est une perruque) qui suggère plus Selma Blair qu’une tueuse futuriste. Jovovich, malheureusement, n’est pas particulièrement de mon goût (trop mince, trop évidente) mais ça n’enlève rien au fait qu’avec ULTRAVIOLET, elle solidifie son répertoire d’héroïne d’action. En revanche, cela n’aide en rien l’impression d’un film déjà vu!

Héroïnes d’action (en général): Mais Jovonovich n’est pas la seule héroïne d’action. On est passé d’un stéréotype à l’autre depuis les années 80: De la grande brute (Stallone, Schwarzennegger, Lundgren), on en est à la jolie poupée depuis les deux TOMB RAIDER, AEON FLUX, les deux UNDERWORLD, les deux RESIDENT EVIL et ainsi de suite. Si certain(e)s y ont vu là une victoire féministe, j’en suis moins certain. Il n’y a pas beaucoup plus à ces personnages qu’une figure athlétique en vêtements moulants tirant des armes automatique. Personnalité, subtilité, complexité: Pas nécessaire. C’est de l’exploitation dédiée à l’audience mâle (Girls! Gowns! Guns! Hawt!). Pendant ce temps, les authentiques geeks attendent toujours une héroïne qui a plus qu’une façade de toc. (Bien que l’équipage féminin du SERENITY, ah…)

William Fichtner! OMG! Vous excuserez le ton particulièrement fanboyish du commentaire, mais Fichtner est le genre d’acteur de second plan qui trouve presque toujours moyen de se faire remarquer. Son physique particulier (grand et angulaire) l’aide à ne pas passer inaperçu. Ses performances les plus mémorables restent sans doute celle du policier Burke dans GO (la menace qui sombre dans l’embarras) et du détective Alex Tardino dans WHAT’S THE WORST THAT COULD HAPPEN? (une performance qui redéfinit le terme “flamboyant”). Sa présence dans ULTRAVIOLET n’est pas une surprise étant donné son rôle du chef rebelle Jurgen dans… EQUILIBRIUM. Très cool de le revoir ici.

Ouf, le film a un sens du design! La première impression que dégage la bande annonce, c’est le fort sens visuel: Un édifice en forme de sigle d’avertissement biorisque, une porte cruciforme, machines arachnides, des scènes découpée dans le blanc, des soldats ennemis en noir très classique: EQUILIBRIUM était un petit triomphe d’ingénuité pas trop dispendieuse, et il semblerait qu’ULTRAVIOLET est la même veine. (Qui plus est, le design semble avoir une justification visuellement astucieuse: Remarquez l’armure vitrée des soldats, qui se fragmente au premier impact!) Mais le design n’a jamais rien rescapé, dites vous en montrant AEON FLUX du doigt, et vous avez tout à fait raison.

Tiens, de la musique: Le choix de “24” du groupe Jem est audacieux et suggestif d’un peu de girl power teinté de tragédie imminente. Les autres passages techno-instrumentaux, eux, sont plus convenus: “Clubbed to Death” de Rob Dougan est tellement associé à THE MATRIX que son emploi dans une bande-annonce a maintenant un effet quasi-pavlovien chez les amateurs d’action SF.

Ouille, les dialogues: Si j’ai à distiller l’essentiel de mes objections au film via la bande annonce, ce serait la réplique “Are you mental?” Cette ligne sonne tout à fait faux dans le contexte tragi-épique suggéré par la bande-annonce. Le reste des dialogues du clip n’est guère plus inspirant, bien que “I was born in a world you… may not understand” devrait trouver sa résonance dans le cœur de l’importe quel écrivain de SF. (Vous noterez par ailleurs que le bande annonce reste fort discrète sur l’intrigue annoncée du film –rien sur le vampirisme, par exemple, ce qui est sans doute pour le mieux.) Ceci dit, à quoi bon un scénario mieux qu’adéquat quand on peut compter sur…

Hourra! De l’action! Hélicoptères, fusil, motocyclettes, automobiles, un peloton d’exécution: éléments familiers, bien sûr, mais les quelques séquences entraperçues dans la bande annonce présagent un retour au rythme fluide qui avait fait tout le succès du gun-kata d’EQUILIBRIUM. On reconnaît l’emploi d’effets spéciaux transformant ces scènes en moments impressionnistes, mais ce qui sépare Wimmer de ses confrères moins compétent, c’est le sens de continuité de ses scènes d’action: Peu importe le resserrement du montage, on ne perd pas un moment de la chorégraphie, et c’est ce qui distingue un coupage “à la MTV” d’une scène viscéralement excitante. Wimmer sait également se servir d’effets spéciaux pour nous montrer des plans inusités. Si un aspect de cette bande annonce me fait sautiller dans mon siège, c’est bien sa maîtrise de la grammaire cinématographique.

Ceci dit… J’ai la nette impression que, tout comme pour UNDERWORLD: EVOLUTION, la bande annonce a dévoilé un élément de la dernière scène, quelle qu’elle soit. C’est déjà assez terrible de nous avoir révélé comment Milla évite la centaine d’armes braquées contre “elle”, je vais être assez frustré si ça s’avère être un des trucs de la fin du film… (Dans son Glossaire des films, Roger Ebert parle du Trailer Hitch: “That momentary sense of confusion you experience when you’re certain that the end of the film is close at hand, but all of a sudden you realize that there’s a scene in the movie’s trailer that hasn’t appeared onscreen yet.

Déjà vu (2) et l’intérêt du cinéphile: Il est impossible de voir cette bande annonce sans penser à une demi-douzaine d’autres films. Bonne ou mauvaise nouvelle? Ce qui est étonnant du cinéma hollywoodien, c’est comment il peut à la fois embrasser et rejeter l’imitation. Alors qu’un film bien connu peut tuer un sujet pendant des années (Est-ce que quelqu’un va se risquer à faire un autre film sur Alexandre le Grand après ALEXANDER?), autant un film à succès peut créer des imitations pendant une aussi longue période de temps. ULTRAVIOLET et EQUILIBRIUM n’auraient pas existés sans l’impact de THE MATRIX. Faut-il se sentir coupable de vouloir voir quelque chose d’autre dans le même style? Comment expliquer ma réaction allergique à la série UNDERWORLD alors que le style bien recyclé d’ULTRAVIOLET attire quand même mon attention?

Alors, le verdict? Hé bien, on ne passe pas quelques paragraphes à analyser une bande annonce pour dire qu’elle ne fonctionne pas. J’y serai dès la sortie du film.

ULTRAVIOLET sera en salles le 24 février.
En cette soirée des Oscars, pourquoi ne pas profiter de l’occasion pour jeter un dernier coup d’œil dans le rétroviseur, et discuter des films de 2006?

(Notez que j’éviterai de faire des prédictions ou des commentaires sur les Oscars eux-mêmes. J’ai appris depuis un moment à adopter une attitude zen de détachement critique quand vient le moment de parler des choix de l’académie. Mes préférences et les leurs s’agencent à l’occasion, mais mais aucune loi naturelle ne dicte que ce devrait toujours être le cas. En tout cas, c’est la rengaine qui m’a aidé à ne rien mettre en feu quand CRASH est ressorti gagnant de la soirée de l’an dernier.)

Regardant la longue liste des sorties de 2006 (ou la plus courte liste) (ou la liste des films que vous allez reconnaître), il n’y a pas de quoi être particulièrement fier ou dévasté : 2006 a été une année moyenne avec son lot de bons et mauvais films. Quelques surprises, quelques valeurs sûres. Une demi-douzaine de films poussant l’art dans de nouvelles directions. Probablement aucun classique.

Tendances

En matière de grandes tendances, certaines choses ne changent pas: Il n’y a toujours pas eu de répit en matière de mauvais films d’horreur, ni de bon film de SF. Par contre, on a vu un peu moins de comédies et de Gros Films d’Action (bien que les bandes annonce de Next et Die Hard 4 promettent beaucoup pour 2007, pour ne rien dire de Spider-Man 3), et beaucoup plus de films d’animation numérique, ainsi qu’une excellente brochette de thrillers géopolitiquement engagés.

Cette dernière tendance est sans doute une de mes préférées: Depuis le succès de TRAFFIC, Hollywood semble réaliser que le film à suspense n’a pas à être centré autour des intérêts américains, et qu’il peut aborder des enjeux sociaux importants. 2005 avait vu LORD OF WAR et SYRIANA: 2006 nous a amené BLOOD DIAMOND, THE LAST KING OF SCOTLAND et le trop-rapidement-oublié CATCH A FIRE: tous des films de qualité, tous des films avec beaucoup plus qu’un simple divertissement en tête.

Si un segment du marché a été particulièrement bien servi en 2006, c’est bien celui des jeunes-et-moins-jeunes avec un appétit pour les comédies d’animation numérique mettant en vedette des animaux. Les trois meilleurs films de cette catégorie étaient sans doute OVER THE HEDGE, FLUSHED AWAY et HAPPY FEET mais il y avait aussi ICE AGE 2, BARNYARD, THE ANT BULLY, DOUGAL, OPEN SEASON, THE WILD ainsi que (plus ou moins) GARFIELD 2 et CHARLOTTE’S WEB, en plus de CURIOUS GEORGE dans un registre plus deux-dimensionnel. Tendance, avez-vous deviné? Décidément, la compétition est féroce en matière d’animation par ordinateur: Pixar n’a plus le monopole du marché depuis longtemps. Ce n’est peut-être pas un accident si Pixar s’attaquait effectivement à un autre thème (de métal plutôt que de chair) pour son bien bon CARS.

En tant que junkie de films d’action, je reste un peu déçu de 2006. Certain moments d’ULTRAVIOLET méritaient un regard, mais le film dans son ensemble est tombé à plat. L’honneur de la scène d’action de l’année revient à la poursuite automobile chronologiquement décalée de DEJA VU malgré la faiblesse du dernier tiers du film. La deuxième place va à CASINO ROYALE, un film qui avait l’avantage supplémentaire de combiner d’excellentes scènes d’action avec un film qui tenait la route. THE FAST AND THE FURIOUS: TOKYO DRIFT et FEARLESS n’étaient pas mauvais, mais il est difficile de se rappeler de scènes spécifiques quelques mois après leur visionnement.

Malgré le succès critique du dernier James Bond et (moindrement) CLERKS 2, les suites continuent d’être la perte d’Hollywood: À en juger par BASIC INSTINCT 2, BIG MOMMA’S HOUSE 2, UNDERWORLD: EVOLUTION, VAN WILDER 2, SAW III et SANTA CLAUSE 3, le choses ne s’améliorent pas.

Heureusement, leur public-cible n’est pas trop demandant: Les adolescents continueront d’aller au cinéma peu importe ce qu’on leur sert. Qu’il s’agisse de comédies faciles (ACCEPTED, DATE MOVIE, EMPLOYEE OF THE MONTH) ou bien de films d’horreur sans imagination (BLACK CHRISTMAS, THE COVENANT, FINAL DESTINATION 3, THE GRUDGE 2, THE HILLS HAVE EYES, PULSE, THE OMEN, SEE NO EVIL, TURISTAS, WHEN A STRANGER CALLS, WICKER MAN et tant d’autres, y compris un autre volet dans la série TEXAS CHAINSAW MASSACRE), il n’y a rien à retenir de la plupart des offrandes de l’année. Seules exceptions: SILENT HILL qui est, me dit-on, une cote au-dessus des autres films du genre, et SLITHER qui avait au moins un certain sens de l’humour pour agrémenter les choses.

Ceci dit, ne commettons pas l’erreur d’assumer que les films pour adultes sont nécessairement plus réussis: ALL THE KING’S MEN en a laissé plus d’un insatisfait, alors que THE DA VINCI CODE était, au mieux, une adaptation convenable d’un livre que tout le monde connaît.

Non pas qu’il y avait plus de confort pour les pré-adolescents: Si MONSTER HOUSE et NIGHT AT THE MUSEUM avaient leurs (rares) bon moments au milieu de leur morasse, on ne peut pas en dire autant au sujet d’ALEX RIDER: OPERATION STORMBREAKER, un horrible film d’une rare condescendance envers sa jeune audience.

Heureusement, une fois passé les films convenus et sans surprises, il y a toujours ces films d’une audace surprenante, en concept ou en exécution. Qui aurait pensé, par exemple, que des audiences iraient au cinéplex pour payer voir une présentation scientifique (AN INCONVENIENT TRUTH), un film de poursuite en Mayen (APOCALPTO), un pseudo-documentaire sur la mort du président en poste (DEATH OF A PRESIDENT), ou une docu-comédie high-concept telle BORAT. Rien de toute cela n’était nécessairement génial (à l’exception d’AN INCONVENIENT TRUTH), mais il n’est pas déplaisant de voir un peu de variété de temps en temps.

J’ai également une certaine admiration honteuse pour l’énergie débridée des réalisateurs de RUNNING SCARED, CRANK et THE MARINE, trois films d’action relativement mauvais, mais exécuté d’une façon complètement éclatée. Chapeau!

Mais si un sous-genre n’est définitivement pas passé-mode pour les américain, c’est bien le film-de-football-qui-inspire: GLORY ROAD, GRIDIRON GANG, INVINCIBLE et WE ARE MARSHALL, quelqu’un? Oui, moi non plus.

Genres

En matière de comédie, il n’y a pas eu grand chose à se mettre sous la dent. BORAT était BORAT. CLICK avait un certain attrait au niveau des idées et du contenu spéculatif, mais s’est rapidement perdu en blagues d’une violence et d’une grossièreté gratuite. Les parodies n’ont pas nécessairement mieux fait: SCARY MOVIE 4 n’était pas sans sa part de rires et de recréations convaincantes, mais n’a montré aucune intention subversive, ne profitant jamais des incohérences des films d’origine. Pour le reste, peu de choses sont aussi toxiques qu’une mauvaise comédie: THE PINK PANTHER? RV? Gaaah. Je voulais sortir du cinéma pendant RV, sauf que j’étais à bord d’un avion…

On restera plus satisfait de films plus mollos mais mieux contrôlés tels THE DEVIL WEAR PRADA (ah, ces deux actrices…) et LITTLE MISS SUNSHINE, ultimement séduisant malgré un départ inconfortable. SCOOP, de Woody Allen, a également marqué un retour en forme du réalisateur.

En termes de films à suspense, on a eu droit à l’excellence (THE DEPARTED), la compétence (INSIDE MAN, 16 BLOCKS, LUCKY NUMBER SLEVIN) et l’ennui (FIREWALL, FREEDOMLAND, THE ILLUSIONIST, THE SENTINEL). Faites un choix informé…

Et c’est sans compter les doublons que seuls la mentalité Hollywoodienne peut expliquer: HOLLYWOODLAND et THE BLACK DAHLIA, deux films à saveur criminelle avec le Hollywood d’après-guerre comme arrière-plan. Tous deux décevants, mais pour des raisons complémentaires.

Les films de guerre vivotent toujours, malgré un certain retrait en 2006. La palme va évidemment au doublé époustouflant de Clint Eastwood, FLAGS OF OUR FATHERS et LETTERS FROM IWO JIMA, chacun décrivant la bataille d’Iwo Jima d’un côté différent du champ de bataille. On se surprends à rêver d’une version remix avec les meilleurs moments des deux films… Hélas, FLYBOYS était considérablement moins réussi malgré un sujet (les premières années du combat aérien) potentiellement plus fascinant.

On laissera aux lecteurs plus conservateurs le soin d’appeler UNITED 93 un «film de guerre», mais tous (peu importe leur affiliation politique) sauront apprécier l’expérience particulièrement intense de ce thriller aérien: Un traitement parfait des événements du 11 septembre 2001, à des lieues au-dessus du mélodrame-de-la-semaine que devient rapidement WORLD TRADE CENTER.

Les amateurs d’espionnage en ont également eu pour leur argent avec THE GOOD GERMAN et THE GOOD SHEPERD, deux films inégaux mais d’une saveur plus réaliste et contemporaine que les délires habituels d’Hollywood. De plus, on ne se privera pas d’une blague au sujet du «bon berger allemand»…

En matière de science-fiction, 2006 a vu trois bon films, sauf que ces films étaient réussis malgré leurs éléments SF peu convaincants plutôt que grâce à eux: THE PRESTIGE, CHILDREN OF MEN et A SCANNER DARKLY (trois adaptations d’oeuvre écrites, remarque-t-on) avaient de quoi impressionner les cinéphiles, mais peut-être pas les fans de SF. Dans le deuxième tiers du groupe, je ne répéterai pas mes objections diverses à DEJA VU, THE FOUNTAIN ou ULTRAVIOLET: À prendre ou laisser, selon ses propres critères. IDIOCRACY (maintenant disponible sur DVD) profite d’un excellent départ, mais le reste du film n’est vraiment pas aussi réussi.

Ceci dit, quelque films étrangers m’ont glissé entre les doigts. Je surveille donc cinéplex et vidéo-clubs pour la sortie de RENAISSANCE et THE HOST, en espérant que les bandes-annonces sont à la hauteur du film.

Les choses n’étaient pas nécessairement meilleures en fantasy. Pour chaque film relativement satisfaisant tel PAN’S LABYRINTH, il y avait des indifférences telles LADY IN THE WATER or bien des nullités telles ERAGON.

Les films de superhéros sont toujours aussi partagés. X-MEN III en a déçu plus d’un, mais n’était pas la catastrophe anticipé. SUPERMAN RETURNS avait de quoi endormir des légions de cinéphiles exaspérés, alors que MY SUPER EX-GIRLFRIEND s’est avéré un riff tout à fait désagréable sur le thème.

2006 a également marqué la sortie d’un des films canadiens les plus satisfaisants depuis un long moment: BON COP BAD COP n’était peut-être pas le summum de la perfection, mais quand on parle de film qui nous rejoignent spécifiquement, il n’est pas possible de faire mieux: Hockey, bilinguismes, meurtres, mystère et comédie: que demander de mieux? TRAILER PARK BOYS?

Conclusions

Dans la catégorie des “films à Oscars” (les films que personne ne remarque jusqu’à ce qu’ils soient mis en nomination aux Oscars), j’avoue avoir été surpris par THE QUEEN, LITTLE CHILDREN et LITTLE MISS SUNSHINE, tous plus intéressants que prévu, même si -franchement- on ne sort pas très loin du téléfilm-de-la-semaine: vous ne manquerez rien à voir ces films à la maison plutôt qu’au cinéma. Cela va en double pour NOTES ON A SCANDAL, beaucoup moins intéressant que ne l’insinue la bande-annonce.

Ceci dit, Hollywood est encore capable de grands divertissements conçus pour nous épater. Heureusement, quelques films conçus pour le grand-écran sont venu agrémenter nos séjours en salles. PIRATES OF THE CARIBBEAN II? Voilà l’exemple parfait d’un blockbuster d’été. MISSION: IMPOSSIBLE III? Tout un film d’aventure. DREAMGIRLS? Excellent exemple du musical classique, amélioré par la performance de Jennifer Hudson et de quelques numéros fort réussis (Ah, «Cadillac Man»…) Malgré des attentes tout aussi optimiste, on n’a malheureusement pas pu en dire autant de POSEIDON et MIAMI VICE, des films tout à fait ordinaires (voire même exaspérants) qui n’ont pas pu répondre aux attentes.

Alors, que retenir de 2006? Quels films méritent d’être vus? Considérant tout ce qui précède ainsi qu’un tirage au sort, mon tilt personnel, les prédictions des anciens aztèques et un appel d’urgence à Roger Ebert, voici mes dix recommandations (à ne pas confondre avec «meilleurs films de l’année»): THE DEPARTED, CASINO ROYALE, CHILDREN OF MEN, THE PRESTIGE, BON COP BAD COP, PIRATES OF THE CARIBBEAN II, MISSION: IMPOSSIBLE III, UNITED 93 et AN INCONVENIENT TRUTH.

Mais aucun d’entre eux n’arrive à la cheville de SNAKES ON A PLANE, évidemment…

Illustration: Grands succes estivaux de 2006Ne le dites pas à personne, mais l’été est essentiellement terminé. L’été hollywoodien, bien sûr, celui qui commence la première semaine de mai et qui se termine quand les films n’ont plus aucune chance de dépasser les cent millions de recettes au box-office. Comme ce moment est pratiquement arrivé (Lady in the Water était le dernier des blockbusters pressentis), il n’est peut-être pas trop tôt pour commencer à faire l’ébauche d’un bilan.

Cette fin de semaine-ci est certainement le grand dernier déploiement de films de genre : Trois nouveaux films d’intérêt imaginaire (Monster House, Lady In The Water et My Super Ex-Girlfriend) en plus de la sortie à plus grande échelle du film de SF A Scanner Darkly. Tellement de choix que vendredi dernier, je suis allé voir… Clerks II. (Un film qui n’est d’ailleurs pas tout à fait étranger à nos intérêts : Où ailleurs peut-on assister à une engueulade entre fans de Star Wars et de Lord Of The Rings, avec une recréation muette de la trilogie en moins de trente secondes? Où ailleurs, en effet, peut-on entendre un personnage en insulter un autre en le traitant de « gobot »?)

Mais pourquoi s’arrêter là? Revenons jusqu’au début mai et la sortie de Mission: Impossible III pour voir ce qui a bien fonctionné et ce qui a foiré.

(Deux tableaux utiles : Le box-office 2006, et les moyennes critiques 2006)

Il faut dire qu’en science-fiction, l’été a été long. On peut étirer la définition de la SF jusqu’à inclure X-Men III, sinon c’est A Scanner Darkly qui a représenté la science-fiction cet été, et encore : L’élément SF du film est encore plus mince que son intrigue, et ce ne sont pas quelques gadgets qui parviennent à camoufler le fait que le véritable cœur du film est ailleurs, dans l’étude psychologique de personnages oscillant entre les drogues, la paranoïa et la surveillance. Dans son ensemble, le film n’est pas particulièrement réussi… mais il comporte quelques moments très efficaces. Peut-être un meilleur choix vidéo que cinéma, si seulement pour profiter des sous-titres face à mixage sonore intentionnellement confus.

Ironie du sort, c’est peut-être un documentaire scientifique, An Inconvenient Truth, qui a su fournir le plus d’émotions aux fans de SF : Payer 10$ pour voir une présentation sur la science du réchauffement global, ce n’est pas anodin, et le film est un petit chef d’œuvre de vulgarisation et de rhétorique. Comme dans un bon livre, on y retrouve un peu de sense of wonder, d’information utile, de détails croustillants et la promesse d’une catastrophe évitable. Bref, que du bon : un de mes choix pour cet été… à moins que vous ne vouliez attendre la saison des ouragans!

Comme d’habitude, l’horreur continue d’accumuler ses petits succès commerciaux, peu importe leur qualité artistique. An American Haunting, The Omen et Garfield II ont sévi dans les esprits des cinéphiles sans laisser de dommages irréparables. J’avoue anticiper la sortie The Descent, puis de Pulse à la mi-août, dans une veine nipporrifique similaire à The Ring et The Grudge.

De l’horreur au mélodrame romantique, il n’y a qu’un pas (habituellement dans l’autre direction) et j’ai entendu de bonnes choses au sujet de The Lake House. Est-ce que quelqu’un peut confirmer? Est-ce que l’élément fantastique est bien mené?

Malgré les réactions mitigées, les amateurs de bandes dessinées en ont eu pour leur argent cet été, avec deux locomotives (re)portés à l’écran : X-Men III et Superman Returns. Les deux films semblent avoir comblés certains fans et déçu d’autres, donnant parfois lieu à des préférences imprévisibles. En ce qui me concerne, X-Men III m’a satisfait alors que Superman Returns m’a plongé dans un coma seulement interrompu par de virulentes pointes de dédain pour le personnage de Superman. Votre réaction, évidemment, sera sans doute fort différente.

(Ok, Ok, quelques détails : Superman Returns est long et ennuyeux, n’a aucune logique interne et s’entiche d’un héros avec des troubles psychologiques profonds. Les scènes n’ont aucune énergie et sont alourdie par l’espèce de fausse nostalgie qui semble être essentielle dans tout traitement non-Miller du personnage. Ce qui n’est peut-être pas déplacé étant donné que Superman a à peu près la maturité émotionnelle d’un boy-scout de 12 ans. De là à lui donner un fils… eeek. Les fautes du film ne s’arrêtent pas là (Kate Bosworth n’amène aucune crédibilité à son personnage; le plan de Lex Luthor est d’un ennui fondamental; Superman résout chaque problème en soulevant des objets super-lourds; etc.) mais mes problèmes avec le film se résument à trois choses : manque d’intérêt, incapacité à suspendre mon incrédulité et un dégoût progressif pour les personnages. Oh non, le monde n’a pas besoin de Superman.)

En fantasy, il ne faut jamais espérer rien de trop profond : Hollywood préfère mettre suffisamment d’ingrédients fantastiques pour leur permettre une prémisse high-concept, et rien de plus.

Pirates Of The Carribean II avait au moins beaucoup plus d’éléments surnaturels que son prédécesseur, menant à un divertissement bourrés d’effets spéciaux spectaculaires. Heureusement, le scénario est bien ficelé et les personnages conservent une bonne partie de leur attrait. J’ai bien aimé (Action! Aventure! Kraken!), mais avec une petite note qui me conseille d’attendre la sortie du troisième épisode avant de porter un jugement définitif.

Cars et Over The Hedge ont été d’autres solides divertissements, techniquement des films de fantaisie (des autos et des animaux qui parlent!) mais réalisés comme film d’animation pour jeunes –donc permissibles de considération pour ceux qui pensent qu’ils sont trop respectables pour les genres de l’imaginaire. (Monster House sera sans doute un troisième exemple dans cette catégorie.) Est-ce que le regain d’intérêt pour l’animation par ordinateur entraîne avec elle un renouveau de popularité invisible pour les films de l’imaginaire? Hmm… J’associerais également Click et Little Man à cet espèce de sous-genre « fantasy mais rarement perçu comme tel », mais sans me prononcer sur deux films que je n’ai pas vu.

Ce qui nous amène à parler des comédies de l’été. Ici, le flop n’est jamais trop loin. The Break-Up et The Devil Wears Prada ont plutôt bien fonctionnés commercialement malgré des critiques mitigées. En revanche, la folie pré-Nacho Libre ne semble pas avoir survécu à la première fin de semaine du film et les critiques assassines qui ont suivies. Reste à voir le sort de You, Me And Dupree.

Qu’est-ce qu’il reste? Ah oui : un mince assortiment de thrillers et de films d’action. Poseidon a coulé à pic au box-office après avoir rencontré l’iceberg de la critique et de l’indifférence. Bon débarras pour un film générique que l’on aura oublié trois semaines près la sortie en DVD. The Da Vinci Code a été le monstre commercial que l’on espérait, et ce malgré des critiques assez blah-sés. J’ai personnellement souri du début à la fin de Fast And The Furious: Tokyo Drift, mais je blâme mon chromosome Y pour ce genre d’évaluation. Heureusement, l’été a fort bien débuté avec Mission: Impossible III, un film qui aura réussi à divertir même ceux qui ne sont plus capable de voir Tom Cruise sans le pointer du doigt et murmurer « moron! »

En somme, l’été fut fort ordinaire. À l’exception de Poseidon, les films pressentis pour être des succès ont été des succès. Les audiences ont rarement été trompées par le résultat final. En revanche, ce manque de surprises trahit aussi un manque de distinction. Qu’est-ce qui restera en mémoires dans cinq ou dix ans? Le film le plus distinctif de 2006 demeure V For Vendetta, en attendant d’autres réussites un peu en dehors des sentiers battus. Le manque de SF est décevant, mais puisque les genres sont cycliques, il n’y a peut-être pas raison de s’inquiéter : une fois complètement pressé le citron des super-héros (savez-vous qu’ils planifient déjà une « remise à neuf » de The Hulk?), il faudra bien passer à autre chose. L’originalité paie parfois : Qui aurait cru qu’un film de pirate basé sur un manège de parc d’attraction finirait par donner vie à une trilogie fantastique?

Mais bon : allons vers l’avant. Qu’est-ce qui reste dans les tiroirs des studios avant le retour en classes?

N’oublions pas que le mois d’août, c’est la saison du ménage hollywoodien biannuel : Si vous pensez que les films de janvier et février sont insipides, vous n’avez encore rien vu. Épluchant les pages de l’IMDB pour juillet et août, je note John Tucker Must Die (comédie adolescente prometteuse, dans le style Mean Girls); Zoom (pour ceux qui ont aimé Sky High); Tallageda Nights, Accepted, Material Girls, Beerfest et How To Eat Fried Worms (d’autres comédies adolescentes: meh); ainsi que Step Up, The Night Listener, Invincible et Idlewild (re-meh, cette fois-ci sans l’attrait des rires). Impossible de savoir à ce moment-ci si le génie des bandes annonces de DOA : Dead Or Alive et The Protector sera dévoilé en salles américaines le mois prochain.

Alors, qu’est-ce qui reste? En films à suspense, impossible de négliger Miami Vice et World Trade Center, si seulement parce qu’il s’agit du retour au grand écran des réalisateurs Michael Mann et Oliver Stone. Pour les animateurs de cinéma d’animation, The Ant Bully et Barnyard sont des possibilités. Tel que mentionné plus haut, j’ai de bons espoirs pour les films d’horreur The Descent et Pulse. J’avoue également être très intrigué par The Illusionist, un film au sujet d’un magicien à Vienne (circa 1900) qui préfigure la sortie automnale de The Prestige

Mais il va sans dire que le top du top, le film de l’année, la seule œuvre méritante de votre dévotion absolue demeure Snakes On A Plane! Sortie le 18 août 2006 : marquez vos calendrier. Après tout, le monde du cinéma ne sera plus le même après cette date.

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Et comment a été votre été cinématographique?

Couverture: The Prestige, Christopher PriestLes films arrivent souvent par paires similaires: Deep Impact et Armageddon; Red Planet et Mission to Mars; Madagascar et The Wild. 2006 a préféré nous offrir deux doses de magiciens victoriens avec The Illusionist et The Prestige. Mais n’allez pas croire qu’il s’agit de deux films interchangeables. La magie d’un d’entre eux cache un polar; la magie de l’autre camoufle un film de science-fiction. L’un est une adaptation réaliste d’une nouvelle ambigue; l’autre d’un roman de Christopher Priest. L’un d’entre eux est un divertissement oubliable; l’autre est destiné aux listes des meilleurs films de l’année.

Ce n’est pas que The Illusionist est un mauvais film. La recréation historique est somptueuse, Edward Norton et Paul Giamatti livrent de bonnes performances et le tout coule assez bien. Mais c’est un film qui trompe quand il ne faut pas tricher, et qui ne triche pas quand il est temps de tromper. Des effets spéciaux numériques viennent remplacer la véritable prestidigitation, minant notre confiance en ce que le film nous montre. Hélas, la véritable intrigue du film n’est que trop évidente étant donné les rappels constants qu’il ne faut pas croire ce que l’on voit à l’écran. Des indices gros comme des madriers font en sorte que lorsque le film se décide finalement à tout révéler, les spectateurs haussent les épaules et se disent «c’est tout?» Ultimement, l’œuvre laisse sur sa faim: Depuis 1999 et The Sixth Sense, les films à retournements sont devenus monnaie courante et The Illusionist n’en est qu’un autre de plus.

Mais The Prestige réussit là où The Illusionist faiblit. La recréation historique est tout aussi somptueuse, mais le duel entre magiciens professionnels est nettement plus intéressant. Les trucs de magie sont expliqués, rendant encore plus extraordinaire la déception requise pour berner l’audience. La structure est aussi beaucoup plus compliquée, imbriquant des retours en arrière dans des retours en arrière —tout en évitant la moindre confusion. L’élément SF est diablement bien amené, d’autant plus que la structure du film fait en sorte que même la super-science est contrecarrée par le plus vieux truc qui soit. Bref, l’œuvre de Christopher Nolan a de quoi séduire même ceux qui sont exaspérés par le cinéma. On retrouve dans The Prestige la texture, la profondeur et la complexité d’une bonne œuvre de fiction écrite. En fait, après avoir terminé la lecture du roman d’origine, je crois maintenant que je préfère le film au livre.

Non pas que The Prestige soit un mauvais roman: dès le départ, on est happé par le portrait de la vie des magiciens à l’époque victorienne et l’inventivité du duel entre les deux magiciens. L’écriture est d’une fluidité exemplaire. (Je suis maintenant bien prédisposé à lire l’intégrale de Priest.) Mais après avoir vu le film, le livre semble un peu gras, un peu trop indulgent, un peu trop linéaire: La structure du roman est beaucoup plus simple que le film, ce qui donne l’effet étrange de dévoiler les retournements dans un ordre différent. De plus, le cadre contemporain du livre (malgré son lot de surprises supplémentaire) n’ajoute pas beaucoup plus à l’effet final. Un directeur littéraire astucieux aurait pu amener Priest à retravailler son roman jusqu’à ce qu’il devienne similaire… au film.

Si le roman est une automobile en parfait état de marche, le film a l’allure d’un bolide méticuleusement bien réglé, où chacune des pièces est en place pour deux, voire même trois raisons. Même ceux qui savent (ou devinent) les retournements seront époustouflés par la maîtrise technique du film. J’admire l’adaption autant pour ce qu’elle a su couper du livre que ce qu’elle a voulu conserver. The Prestige est une pièce de cinéma exceptionnelle qui vient joindre The Departed sur la courte liste de films déjà assurés de figurer dans mon Top-10 de 2006. Tâchez de le voir alors qu’il est toujours au cinéma.

7 thoughts on “A l’affiche 2006”

  1. Oh my God, toi-même! Le méchant Daxus est joué par Nick Chindlund, qui a incarné l’un des tueurs en série les plus marquants des X-Files, l’ineffable (et nécrophile) Donnie Pfaster. Oui, oui, à chacun ses références, mais c’est certainement une curiosité de mon point de vue. Par contre, les répliques de la bande-annonce sont épouvantables. Espérons qu’elles seront diluées dans des dialogues mieux construits.

  2. Hey! J’ai vu le clip sur le site de trailers de apple (http://www.apple.com/trailers/sony_pictures/ultraviolet/)…

    Ça m’a beaucoup rappelé Matrix (la comparaison est facile puisqu’il y a Matrix et…?), mais l’emphase semble être mise sur la manipulation et la transformation du corps.

    Ahhh, vive le CGI! Ça a l’air un peu bof, mais je pense que ça vaudrait la peine de le voir sur grand écran…

  3. J’ai vu la bande-annonce sur grand écran. Ils y sont allés un peu fort sur la post-prod, parce que la peau des protagonistes n’a plus de pores (comme Scarlett Johanssen dans The Island). «Hello, I’m a manga character. I was born in a world you… may have to read backwards.» Je remarque aussi que les planchers sont artistiquement glissants, ce qui donne un petit effet quand un personnage en pleine course (généralement un soldat générique qui va se prendre un coup de crosse dans la gueule) doit freiner brutalement. Et, même masqués, on reconnaît toujours les cascadeurs asiatiques à leur façon de bouger.

  4. … et en passant, Christian, merci d’avoir identifié la chanson de Jem. Je ne la connaissais pas, et là je viens de découvrir un très bon album!

  5. Après une semaine de retard et un blackout médiatique destiné à masquer le fait que le film n’a pas été montré en avant-première critique (toujours un mauvais signe), ULTRAVIOLET est maintenant en salles. Verdict? Attendez le DVD.

    Ne croyez pas que je n’ai pas aimé. Tel que pressenti, les scènes d’action sont souvent à couper le souffle, le design du film est exceptionnel, les gadgets sont charmants et Milla Jovovich est en pleine forme dans le rôle titre. Ajoutez un fabuleux générique d’ouverture sous forme de couvertures de comic books, des effets spéciaux à la pelle et vous avez un film de SF de série B tout à fait délicieux. De plus, je me suis heureusement trompé sur une des choses ci haut: la “centaine d’armes braquée sur elle” n’est pas la séquence finale du film.

    Mais c’est sans compter sur les failles considérables du film: les dialogues sont atroces, la structure dramatique est complètement ratée, les emprunts sont évident (ah, une scène de gun-kata pleinement illuminée!) et l’action devient répétitive. Si je me complais dans toute la saveur loufoque de l’ensemble, je me sentirais coupable de recommander le film à une autre personne; il faut pratiquement savoir regarder le film avec un degré d’ironie qui n’est pas tout à fait mérité par ce qui est à l’écran.

    Il va sans dire qu’en attendant la sortie DVD du film, vous pouvez toujours vous payer un autre visionnement d’EQUILIBRIUM…

  6. Je sors justement d’une représentation. Mon premier réflexe a été de dire: «Je n’ai pas compris l’histoire», suivi de «L’image était floue tout le temps». Le moins qu’on puisse dire, c’est que le gars du CGI était… enthousiaste.

    Pourquoi dit-on que c’est une histoire de vamp… pardon, d’hémophages, alors qu’on ne voit personne boire du sang? N’est-ce pas la raison classique de craindre les vampires? Dans le film, l’hémophagie n’est pas si terrible. Les «malades» sont ultrarapides et résistants, ils maîtrisent le kung-fu et le bullet time, ils ont développé des gadgets géniaux, ils ont un visage sans points noirs — qui ne voudrait pas être infecté? L’histoire est confuse, les personnages sont mal développés, et la mise en situation est bâclée.

    Autre problème, le scénario suit de trop près celui d’Equilibrium à mon goût. Ceux qui ont vu ce film se souviendront qu’on y traitait les émotions comme une maladie; quiconque ne prenait pas de suppresseur (fourni par le pouvoir en place) était éliminé. On contrôlait ainsi la société sous prétexte de l’empêcher de verser dans le chaos. Comble du comble, le dirigeant, cet hypocrite, s’avérait être ce que lui-même pourchassait, et finissait tranché en julienne par le héros. Pourtant, même construit sur des assises semblables, Ultraviolet manque de relief, en plus de recycler l’essentiel des séries Blade, X-Men et The Matrix.

    Ceci dit, l’aspect visuel du film est neat, dans tous les sens du terme. On ne verra jamais de ville aussi propre, à croire que le futur ne nous réserve que deux emplois possibles: soldat ou laveur de carreaux. Les costumes sont cool, c’est indéniable, surtout le petit côté fétichiste des masques à gaz, toujours un plus dans un film de SF. Les scènes de combat sont soigneusement chorégraphiées et soutiennent tout le film (ça, et les close-ups obsessifs-compulsifs de Milla). Mais autrement, je m’enligne sur le commentaire de Christian: attendez le DVD et revoyez plutôt Equilibrium.

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