A l’affiche 2009

A l’affiche 2009

On dit souvent que l’on peut trouver de tout sur l’Internet, et c’est habituellement une affirmation qui laisse présager le pire : Peu importe votre perversité fétiche, l’internet a un site à vous offrir.  Mais ça veux également dire qu’il existe plein de choses merveilleuses à découvrir, pour le prix d’une connexion internet à haute vitesse.

Sita Sings the BluesEt l’exemple récent le plus frappant de cette manne disponible à nous est sans aucun doute Sita Sings the Blues, un film d’animation délicieux de 82 minutes maintenant disponible légalement et gratuitement sur Internet.  Voici ce qui est arrivé : Quand l’animatrice Nina Paley a conçu Sita Sings the Blues, elle a voulu marier la légende indienne du Râmâyana avec des chansons jazz des années 1920 étrangement appropriées.  Malheureusement, grâce aux lois de droits d’auteurs, ces enregistrements se retrouvent en territoire juridique confus : officiellement dans le domaine public, ils sont en revanche basés sur des textes et mélodies toujours protégés par droit d’auteur, 90 ans plus tard.  Il était possible pour Paley de payer des droits de reproduction pour les enregistrements, mais pas pour fins de redistribution.  Ergo, nous dit-on, il est possible de distribuer le film sur Internet pour fins promotionnelles, mais pas de le montrer à grande échelle.

Mais oubliez les basses questions de droits d’auteur : parlons plutôt de qualités artistiques.  Car Sita Sings the Blues est une rareté : Un bon film.  Profondément personnelle, cette histoire racontant « la plus grand rupture amoureuse jamais racontée » gambade entre quatre styles d’animation, allant de l’histoire de Nina Paley elle-même à des numéros musicaux irrésistibles mélangeant humour, animation 2D et chansons jazz.  Et c’est très, très drôle.  Culturellement audacieux, coquettement féministe, profondément symbolique : voila non seulement un film qui a l’air beau, mais qui a du contenu sur les os.  Que ceux que rebute l’idée d’un film racontant « An animated version of the epic Indian tale of Ramayana set to the 1920’s jazz vocals of Annette Hanshaw » (comme le dit si bien Ebert dans la critique la plus convaincante du film que j’aie lu jusqu’ici) n’aient rien à redouter : Sita Sings the Blues est le genre de film charmant qui peux faire de n’importe qui un évangéliste de ses vertus.  Que vous aimez les romances épiques ou les combats entre armées de démons et de singes, ce film a de tout pour tout le monde.  Ais-je mentionné qu’il s’agit d’un film de fantastique?

Site Sings the BluesOui, c’est en anglais.  Oui, ça prend une connexion Internet à haute vitesse pour télécharger les quelques 500Mos de la version moyenne-résolution du film.  Oui, c’est un investissement de temps que de regarder 82 minutes d’un film.  Mais je vous garantis qu’après un premier dix minutes un peu discontinu, le tout finit par profiter d’un rythme de croisière bien contrôlé.  Qui pourra résister au premier numéro musical qui se termine par un plan où le sang projeté de démons décapités finit par former une garde d’honneur à un jeune couple?  Mieux encore : ça reste joliment chou.

En ce qui me concerne, j’ai téléchargé et vu Sita Sings the Blues… et l’ai trouvé bien meilleur que l’essentiel de ce que les cinémas avaient à m’offrir depuis des mois.  J’ai donc pris ma carte de crédit et contribué le prix d’un billet de cinéma (10$) directement au compte que questioncopyright.org a crée pour Nina Paley.  Tôt ou tard, ce sera un modèle d’affaire parfaitement respectable pour un film.  Et on trouvera alors encore plus de choses merveilleuses sur Internet.

Ailleurs sur la toile:

Le congrès Con*Cept m’ayant demandé de parler l’état actuel du cinéma des genres de l’imaginaire, j’ai préparé quelques notes qui ne m’ont pas vraiment servies quand personne ne s’est présenté à l’événement.  Plutôt que de gaspiller ces cinq minutes, voici ces quelques réflexions prêtes à provoquer la discussion.  Note: L’emphase est mise sur le cinéma Hollywoodien 2009-2010

Fantasy

Les succès de l’année: Coraline, Cloudy With a chance of Meatballs

Attendus avec impatience: Legion, The Lovely Bones

Ce que l’on constate en fantasy, c’est la fin des épopées de fantasy générique: le succès boeuf de la trilogie Lord of the Rings ne s’est pas perpétué, et c’est pourquoi on attendra longtemps les volets subséquents des séries Narnia et Eragon.  Ce qui n’est pas une mauvaise chose, étant donné la façon dont ces films étaient mené, en ligne directe vers le Grand Combat Entre Armée vingt minutes avant la tombée du rideau.  Plus heureusement, nous vivons présentement un espèce d’âge d’or des films d’animation pour jeunes: Rare sont les mois sans un nouveau titre d’animation numérique (Up, Monsters vs Aliens, etc), et ceux-ci sont souvent fort intéressants… en plus d’être presqu’inévitablement de nature fantaisiste.

Horreur

Les succès de l’année: Drag me to Hell, Zombieland

Attendus avec trépidation: Nightmare on Elm Street, The Box

Zombies, zombies, zombies: Impossible de tourner la tête au cinéplex sans apercevoir une affiche d’un film de plus-ou-moins zombies.  La vague passera (et des films tels Zombieland s’adressent heureusement à ceux qui en ont déjà vu d’autres), mais elle est au moins préférable à la vague de films de carnographie-torture qui semble s’être essoufflée.  (Avec un sixième volet attendu à la fin du mois, la série Saw survivra-t-elle à la tendance qu’elle a elle-même lancée?) Chose intéressant, la prochaine tendance pourrait être celle du retraitement de prémisses familières selon des angles neufs: En plus de Drag Me to Hell qui présentait un Sam Raimi vivifié, voila le retour des poltergeists (Paranormal Activity), grays (The Fourth Kind) et des loups-garous (The Wolfman) Attention: je n’ai rien dit au sujet de la série Twilight, mais attendez-vous à quelques imitations…

Science-fiction

Les succès de l’année: District 9, Star Trek

Attendus avec satisfaction:  Avatar, voyons!  (Aussi: Inception)

Après des années difficiles, voici que la SF revient à l’écran avec vigueur.  Entre Push, Knowing, Pandorum, Race to Witch Mountain, et d’autres que j’ai déjà oublié, l’an 2009 a été très intéressant pour l’amateur de SF souvent originale, au rythme d’au moins un film par mois.  Malheureusement, si la critique a occasionnellement été séduite, le succès commercial n’a pas toujours été au rendez-vous.  (Bien que le succès à bas budget de Moon est prometteur.)  La SF peux coûter cher à réaliser et elle doit faire des recettes pour faire des enfants.  Ceci dit, la meilleure tendance de 2009 est probablement l’émergence de Neill Blomkamp (District 9) et Shane Acker (9) comme cinéastes-auteurs de SF: Que nous réservent leurs prochains films?  Chose certaine, les robots géants étaient partout cette année, entre Terminator, Transformers, District 9, 9 et Astroboy

Superhéros

Le succès de l’année: Watchmen

Attendus sans impatience: Kick-Ass, Iron Man 2

Étrange année au niveau des adaptations de bandes dessinées super-héroïques au grand écran. Une pause de ressourcement après un 2008 chargé et un 2010 déjà rempli de titres attendus. On croirait à un essoufflement après la surdose 2008, sauf que l’acquisition de Marvel par Disney (et les plans pour des films tels Ant-Man et The Avengers) ne laisse aucun doute: le film de superhéro n’est pas sur le point de disparaître. Au contraire, il devient une valeur sûre pour les studios. Enfin, en autant que les résultats ne sont pas aussi oubliables que Wolverine
Après des décennies d’attente, WATCHMEN est finalement à l’affiche dans un cinéma près de chez vous. Qu’est-ce que vous en avez pensé?

(Avertissement: ne lisez pas les commentaires avant d’avoir vu le film.)

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