A l’affiche 2008: Blair Witch Gojira

Dix-huit jours.

Alors que je n’ai même pas finalisé la liste de mes dix films préférés de 2007, voici que j’ai déjà un finaliste pour la liste de 2008: CLOVERFIELD.

Je n’en dis pas plus.

(En commentaires: zone ouverte pour discuter du film. Ne pas lire si vous n’avez pas vu.)

23 thoughts on “A l’affiche 2008: Blair Witch Gojira”

  1. Ce qu’il y a de bien: Un style astucieux qui raconte une histoire familière de manière assez intense. Une intention de confronter les images résiduelles du 11 septembre 2001. Une approche qui transforme une prémisse propre à un blockbuster populaire en un film d’horreur sans compromis. Un refus de fournir des réponses, qui ne m’agace pas autant que d’habitude. Des touches ironiques amusantes.

    Ce qu’il y a de moins bien: Je suis généralement à l’aise avec la cinématographie “amateure” du film, mais plusieurs ne seront pas aussi charitables. Certains personnages sont étonnamment résistants aux blessures graves –et, si je ne me trompe pas, courent nu pieds. Le dernier acte est un peu long. Il manque au moins un épilogue.

    Mais, oh, quel film d’horreur.

  2. Mon avis circonstancié sur le film est ici.

    En deux mots, je trouve que c’est un film efficace mais bien conventionnel. Son plus gros problème, c’est de ne pas avoir le courage de mettre en scène des personnages pour lesquels on ressentirait vraiment quelque chose, en particulier quand ils meurent. Le cinéaste et sa blonde sont quelconques (on se souviendra que le bonhomme joue au porte-paniers durant le party dès qu’il a une nouvelle croustillante à colporter). Le frère et sa brune blonde sont plus intéressants, mais lui passe beaucoup trop rapidement et on ignore le sort de l’autre. Quant aux deux tourtereaux, on n’ignore pas l’intensité de leur amour (encore qu’il semble y avoir une grosse part de culpabilité dans la détermination de l’amoureux à sauver sa belle), mais on a du mal à sympathiser autrement.

    Ils sont beaux, ils sont riches et ils habitent à Manhattan. S’ils ont déjà fait quoique ce soit de généreux dans leur vie, on l’ignore.

    C’est pourquoi, en fin de compte, l’horreur me semble assez édulcorée.

  3. Valérie avertit la population: épileptiques et migraineux s’abstenir. Elle a dû sortir au bout de 15 minutes pour prendre deux comprimés d’Advil. Elle n’avait pas ressenti ça depuis Twister.

    J’ai bien aimé l’exercice de style, même si je suis d’accord avec JLT sur la nature conventionnelle des héros, des sentiments, et du lieu. (De façon plus personnelle: j’y allais avec l’inquiétude que ça ressemble à mon projet de film Reset… Mais ouf, ça n’a vraiment rien à voir.)

    A la sortie du film, un spectateur fort vexé nous a interpelés: “Avez-vous aimé ça vous autres? Ca finit de même? C’est ben cave!”

    Bref, un film qui ne laissera pas indifférent. C’est une qualité quelque part.

    Joël

  4. Je n’ai pas encore vu le film, mais est-ce que «Cloverfield» n’est pas le nom du site où le film a été trouvé? C’est un genre de nom militaire ou je ne sais quoi.

  5. je crois que c’est le nom du boulevard où est situé la boîte du producteur. c’était le “nom de code” du film, à la base, et c’est devenu le vrai titre.

  6. J’ai bien aimé, oui sur le fond c’est on ne peut plus Godzilla dans les moindres détails, enveloppé à la Blair Witch avec une énorme dose de 11 septembre et on tourne autour de personnages vides. Mais j’y allait pour le monstre et il est fascinant ! Attention y a plein de désinformation sur le net, dont au moins cinq photos et diagrammes de monstres pas rapport. Par contre, faut voir sur youtube ou sur le blog du Club des Monstres, le faux reportage d’une attaque en pleine mer, bout de film qui ne se retrouve pas dans le long métrage !

    http://clubdesmonstres.over-blog.com/

  7. 1h10, des longueurs… mais quand même! Des moments très intenses.

    Mais je crois que la version DVD contiendra beaucoup, beaucoup de matériel.

    J’ai été déçu de ne pas me sentir plus concerné par le sort des perso qu’on nous fait suivre. Ne pas en connaître plus, ça ne me dérange pas… mais bon, pour moi, c’est surtout une déception, et le film ne se retrouvera pas dans mon top 10 de 2008 (à moins que l’année soit vraiment nulle).

  8. Je suis plutôt d’accord avec ceux qui ont apprécié le style mais regretté la minceur des personnages. Dans l’ensemble, j’ai aimé le film, mais la conclusion (ou plutôt l’absence de) m’a laissé sur ma faim. Trop “rocks fall, everyone dies” à mon goût. Je comprends que le manque d’informations quant à l’origine et la nature du monstre ajoute au réalisme du film, mais que dois-je retenir de cette oeuvre, alors? Certains films de monstres avaient quelque chose à dire sur la peur du nucléaire, ou le rapport entre nature et civilisation. Ici, je trouve peu de sous-texte à part “les désastres peuvent frapper n’importe qui n’importe quand et on ne peut rien y faire”. Il y a bien des échos du 11 septembre, mais cette sinistre journée était déjà bien assez évocatrice et le film n’y ajoute rien.

    D’ailleurs, j’en veux encore un peu à ce militaire qui renvoie les héros risquer leur peau sans même partager le peu d’information qu’il doit posséder, à savoir l’effet des morsures. Le public veut savoir!

    J’ai au moins apprécié le style, la tension et le réalisme, ainsi que les quelques moments où les personnages se révèlent un peu plus.

  9. Alors, je suis finalement allée voir Cloverfield, même si «voir» est un bien grand mot. J’ai passé un bon tiers du temps les mains devant les yeux pour refouler la nausée. Je n’ai rien contre les films qui essaient de se démarquer par leur style, mais une caméra mouvante n’est jamais une heureuse initiative. Devant un écran géant, il n’y a pas moyen d’échapper au tangage. Le pauvre spectateur n’a aucune chance. Le couple à ma gauche a d’ailleurs quitté la salle.

    J’ai trouvé la destruction de New York divertissante à défaut d’être réaliste. Mieux vaut ne pas se demander si l’architecture d’un building lui permettrait d’en intercepter un autre dans sa chute. Quant au monstre, mieux vaut aussi ne pas trop se poser de question sur sa taille réelle. Il est assez grand pour démolir de grands édifices, mais assez petit pour s’avancer subrepticement (et en terrain découvert) derrière un groupe de gens pour ensuite leur faire «COUCOU!».

    Les dialogues? La moitié du scénario consistait à hurler «Oh my God!» avec toutes les variantes possibles, allant de «Oh my GAWD!» à «Ohmygodohmygodohmygod». Pour le reste, il faut se taper des répliques un peu superficielles.

    [devant le monstre qui approche]

    BETH: Oh my God! What’s this?
    ROB: I don’t know. Something horrible.

    [devant une araignée, une minute plus tard]

    BETH: Oh my God! What was that?
    ROB: I don’t know. Something else. Also horrible.

    Hum.

  10. Ah? Ces perles m’avaient échappé. (Et aussi le fait que tu avais les mains devant la face :O)
    Il faut dire que les «dialogues» sont criés la moitié du temps, soit dans l’ambiance bruyante du party, soit dans la brouhaha des hurlements, sirènes, effondrements et artillerie.
    On s’entend qu’on ne va pas voir Cloverfield pour le texte…

  11. Quand on a les mains devant les yeux, on n’a pas le choix d’écouter le film plutôt que de le regarder!

    Bleeeurgh! Plus jamais. Pu. Ja. Mais.

  12. Concernant le building qui va s’appuyer contre un autre en conservant son intégrité: dans le vrai monde, suite au tremblement de terre de Kobé (Japon), un immeuble s’est retrouvé au moins aussi incliné que celui du film… sans même avoir besoin d’un support.

    Par contre, je suis à peu près sûr que l’angle du plancher à l’intérieur ne correspondait pas à l’angle que formait le building vu de l’extérieur.

    Joël

  13. J’avais remarqué quelques perles dans les répliques (et les mains de Laurine devant son visage) et l’aspect conventionnel du scénario, mais l’exercice de style est quand même intéressant.
    On doit faire preuve de beaucoup d’indulgence par moment; taille ajustable du monstre, solidité de la caméra, piles fort durables dans la caméra, cameraman qui ne se tient nulle part sur les toits alors que ses copains ont de la difficulté à ne pas tomber, grandes distances parcourues très rapidement à pied dans un Manhattan dévasté, l’armée qui vous laisse filmer…
    Mais l’ensemble n’est pas incohérent ou ne verse pas soudainement dans le n’importe quoi (quoi que pour ma part, le monstre aurait suffit et je me serais passé de ses morpions). Et cette “cohérence interne” est déjà quelque chose que j’apprécie beaucoup dans un film de genre.
    Et puis il y a certaines trouvailles pour permettre l’intégration de scènes “externes” à la caméra qui valent la peine d’être soulignées: les arrêts/retour en arrière sur le couple, mais surtout les images via les écrans de télé ou filmées depuis l’hélicoptère, par exemple.
    Bref, malgré une prémisse fort simpliste, l’ensemble est réalisé avec compétence, n’est pas dépourvu d’idée, et le rythme est soutenu.

  14. Bizarrement, le film m’a laissé plutôt indifférent. L’approche style “Blair Witch” est intéressante, quoique j’ai trouvé que ça tuait le suspense et l’action un peu, comme si – et c’est tout de même ironique un peu – je me trouvais trop loin du sujet.

    Bref, je me suis rendu compte à mi-chemin que je m’ennuyais de tous ces trucs cinématographiques (gros plans, musique, etc.) qui construisent l’horreur et le suspense dans les films plus conventionnels.

  15. Le procédé a ses forces et faiblesses.
    Tuer le suspense, je ne pense pas; le film est assez bien ficelé du côté rythme. Il ne faut pas confondre suspense et action (on peut avoir un excellent suspense sans la moindre sc`ne d’action)…
    Côté action, le procédé de Cloverfield crée une distance différente entre la créature et le spectateur, puisque l’on passe toujours par l’oeil du cameraman. Dans un film traditionnel, le caméraman est “absent”, c’est-à-dire que c’est le spectateur.
    Voilà pourquoi on peut se sentir plus loin du sujet, alors que paradoxalement, la caméra à l’épaule et le style Blair Witch semblent chercher l’inverse.
    Dane le cas de Cloverfield, par contre, le manque de profondeur des personnages (certains pourraient même être interchangeables) y est pour beaucoup dans le sentiment d’éloignement ressenti par la plupart des spectateurs.

  16. les parasites renvoient aux troglodites qui recouvraient Godzilla, tout le film renvoie aux films de la série japonaise. Tout comme l’absemce d’information et de conclusion est typique du cinéma d’horreur japonais pour qui le voyage est plus intéressant que l’arrivée, truc qui semble incompréhensible pour la majorité des américains sur le net.

    On rappelle que la formule dite de Blairwitch, les cassettes retrouvées, est originaire du transgressif film italien CANNIBAL HOLOCAUST.

  17. Faudrait creuser ça…

    Chose sûre, remercions Ruggero Deodato pour l’idée, et pour son petit film qui laisse un goût dans la bouche.

  18. Malgré quelques failles évidentes dans le scénario (la taille ajustable du monstre, à la fin, comme le note Hugo, ou le militaire qui-ne-devrait-pas-les-laisser-partir-mais-bon-puisqu’il-le-faut, comme le souligne Éric, ou encore, toujours les militaires qui apparaissent (et commencent à tirer à volonté) comme par magie derrière le groupe de héros) et la superficialité des personnages (qui, je dois l’avouer, ne m’avait pas du tout irritée pendant le visionnement, mais maintenant que j’y repense (et que je lis les perles relevées par Laurine), ouais, effectivement…), j’ai bien apprécié l’expérience, surtout par rapport à la structure narrative fort intéressante, même si on se permet quelques raccourcis qui m’ont fait tiqué (comment le caméraman peut-il percevoir ce qu’entend son ami qui parle au téléphone, à un mètre de lui?).

    Je suis bien d’accord avec Mathieu, la version DVD pourrait (devrait) contenir des suppléments assez intéressants.

    Pour ma part, ma seule peur c’est un éventuel Cloverfield 2 (à l’image de Blair Witch Projet 2) qui viendrait essayer “d’expliquer” le premier film, mais qui ne serait, évidemment, qu’un abominable navet. Brrrr.

  19. Au fait, trio fractalisé, le serveur de votre blogue refuse encore de mes messages. Deux fois en une semaine, sur cette enfilade-ci. Bon, une fois pour dire une sottise, mais hier pour me dire d’accord avec Mathieu et Guillaume sur l’intérêt d’un DVD Cloverfield émaillé de suppléments.
    Je note toutefois qu’on me signale mes mots non-français à mesure que je les écrits. Je suppose que ce n’est pas une nouvelle caractéristique du blogue Fractale mais plutôt un cadeau de la mise-à-jour de Firefox que je viens de recevoir?

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