Carnaval Boréal 2010

Carnaval Boréal 2010

Carnaval Boreal 2010

Énonçons les évidences: Le temps des fêtes est terminé, votre compte de carte de crédit vient d’arriver, il reste encore au moins deux mois de terrible froid et aujourd’hui a été mathématiquement désignée comme étant le jour le plus déprimant de l’année.

Heureusement, j’ai une proposition réjouissante pour vous: Le Carnaval Boréal 2010, qui se tiendra l’après-midi du samedi 30 janvier prochain.  Vous n’avez même pas à sortir de chez-vous!

C’est un projet-pilote qui vise à examiner la faisabilité d’un événement Boréal virtuel.  Pas besoin de webcams, de clavardage ou de connaissances spéciales: Le Carnaval Boréal se veut un blogue d’une journée portant sur les genres de l’imaginaire.  Si vous savez comment lire et répondre sur des blogues, vous savez déjà comment vous servir du site du Carnaval. (À part l’enregistrement nécessaire; désolé, c’est pour parer aux pourriels.)

Le Carnaval réunira donc une brochette d’amateurs et de professionnels des genres de l’imaginaire, pour une série de discussions s’étalant de midi à dix-huit-heure (Fuseau horaire de Montréal; en soirée pour nos cousins européens)  Heure par heure, il y aura des nouveaux sujets.  Certains seront animés par des panélistes et experts triés sur le volet; d’autres seront tout à fait ouverts.

Vous pouvez consulter le site du Carnaval pour un horaire préliminaire, en plus de vous porter volontaire pour participer à la programmation.  Ne pensez pas au Carnaval comme un événement qui vous est offert; pensez-y comme une activité communautaire qui n’attend que votre participation!

Pourquoi vous morfondre le 30 janvier?  Il y a un carnaval de l’imaginaire qui s’offre à vous, et vous pouvez y participer en pyjamas!
Carnaval Boreal 2010

Une semaine plus tard, la poussière autour du Carnaval Boréal 2010 est retombée, et il est possible de faire un bilan.  Comment le tout a-t-il été conçu?  Comment le comité Boréal a-t-il été convaincu de donner son assentiment à un tel projet?  Comment peut-on gérer un tel événement quand rien de tel n’a été réalisé de par le passé?  Quelles leçons devraient être apprises par ceux qui veulent bien tenir un autre événement de la sorte?  Après la suite, un (long) survol de ces questions.

Conception

Il n’est pas faux de dire que le Carnaval Boréal est né d’un cauchemar.

Non, pas le type de cauchemar où l’on se réveille à trois heures du matin, ruisselant de sueur à la pensée d’un autre congrès de SF mal foutu et rempli de gens déplaisants.  Après Con*Cept et l’horrifiante World Horror Convention de Winnipeg, ces moments n’ont même plus de quoi m’inquiéter.  (De toute façon, je dors habituellement du sommeil de l’impénitent, celui du juste étant depuis longtemps loin de ma porté.)

Je réfléchissais plutôt au cauchemar du pic pétrolier, et l’impact qu’une inflation vertigineuse des frais de transport pourrait avoir sur notre train de vie.  Laissant à d’autres le soin de s’inquiéter des problèmes d’un futur post-pic pétrolier sur les transports, la nourriture et autres aspects mondains de notre existence, j’ai préféré m’intéresser à ce qui était vraiment important : la viabilité des congrès de SF à une époque où il pourrait coûter dix fois plus cher de prendre l’avion ou remplir sa voiture d’essence.  Car le concept des congrès spécialisés pan-régionaux repose sur des transports peu coûteux; en l’absence de ceux-ci, il devient plus difficile de justifier les voyages.  (Si cet argument est familier, j’avoue sa similitude avec un éditorial récent de Samovar, mais je nie son inspiration.)

Or, au Canada francophone, il existe une période étonnamment similaire à cette situation.  Une époque où personne ne veux sortir de chez-soi, une saison où s’embarquer dans un voyage est une épopée : l’hiver.  Étant donné le froid, la neige et la glace, ce ne sont plus que les petites natures qui tentent de minimiser les voyages en janvier-février.  Personne, à part ces fous de Bostoniens (qui peuvent dépendre d’un marché local nourri et profiter d’hôtels abordables), n’organise d’événements SF en hiver : Ne suffit que d’une tempête, pour que le congrès au complet soit financièrement vadrouillé.

Ce train d’idée est ensuite entré en collision avec une autre préoccupation récurrente : Celle d’élargir la marque de commerce des congrès Boréal au-delà leur audience habituelle.  Si Boréal rejoint de plus en plus de personnes par l’entremise du web depuis 2005, il y a toujours moyen de faire mieux, tout en donnant une raison de plus à ceux qui seraient intéressés par un congrès Boréal, mais qui seraient trop timides, occupés, immobilisées ou sceptiques pour venir sur place sans une bonne idée de ce qui les attends.

La question était d’autant plus pressante que 2010 allait voir le congrès Boréal migrer pour un an à Québec, loin du noyau montréalais qui a abrité la renaissance récente du congrès et loin du réseau de transport en commun qui rend le congrès envisageable à bon nombre de notre public.  Comment s’assurer que cette deuxième année d’interruption de service habituel (après le Boréal satellite à Anticipation 2009) ne cause pas de dommage irréparable aux habitudes créées par plus d’une décennie de congrès Montréalais?

Bref, je me suis mis à penser à l’idée d’un congrès virtuel.

Je suppose que c’était inévitable.  Après Anticipation au début août 2009, j’étais assez fier que n’avoir plus aucune responsabilité organisationnelle à l’horizon.  Nombreux étaient ceux qui étaient convaincus que ça n’allait pas durer, malgré mes protestations que j’étais libre, libre, libre.  Vers le début septembre, j’étais à nouveau prêt à avoir des idées étranges et ridicules, à appliquer les leçons des nouvelles technologies web pour rencontrer un défi intéressant.

Un défi comme organiser un événement virtuel accessible à des non-technologues, transformant un site en un lieu de rencontre d’une journée.  Mon scénario initial était ridiculement ambitieux, mais les fondements de l’expérience sont restés les mêmes : Utiliser une infrastructure de blogue et une programmation annoncée pour recréer l’expérience d’un congrès de SF.

Exécution

Ayant ébauché les grandes lignes du projet, ma première étape a été d’en faire part à quelques commentateurs bien informés.  Ceux-ci ayant bien réagi, j’ai soumis une proposition officielle (par courriel) à l’organisme SFSF Boréal, surtout pour obtenir la permission d’utiliser le nom Boréal et de lier l’événement virtuel aux efforts des organisateurs du congrès à Québec.  Après quelques discussions (dont une, cruciale, pendant une table-ronde peu fréquentée au congrès Con*Cept) au sujet du nom, de la date, de l’organisation et du financement de l’événement, le projet fut approuvé et le site carnavalboreal2010.com acheté peu après, à la mi-octobre.

Il y a une certaine ironie à parcourir les courriels initiaux et constater qu’une des objections les plus crédibles à ce moment était le temps qu’il restait avant la date proposée de l’événement.  Est-ce que nous aurions le temps de tout faire?  La réponse est à la fois oui et non : Entre écriture intensive en novembre, fêtes de fin d’année et rhume subséquent, je n’ai pas vraiment attaqué le Carnaval avant la mi-janvier et ai pourtant eu le temps de tout mettre en place sans traumatismes profonds.  En revanche, certaines idées (commandites, galerie fanique) ont été mises sur glace en partie par manque de temps, et il est certain que nous aurions pu avoir plus de galeries et plus de participants avec une ou deux semaines d’efforts supplémentaires.  Ceci étant dit, il n’est pas toujours bénéfique d’annoncer un événement web trop à l’avance : les énergies s’éparpillent, les gens oublient, les billets de blogue descendent en bas de page.  Si notre annonce initiale d’un Carnaval Boréal a été relevée que modestement trois mois avant l’événement, l’annonce de notre horaire moins de deux semaines avant le Carnaval était parfaitement bien calibrée pour récolter de nombreuse mentions et faire monter l’énergie dont avait besoin le projet.

(Je noterai avec un certain amusement que j’étais en Californie le 30 octobre au moment d’annoncer la tenue du Carnaval.  Comme quoi « le web » était le véritable lieu du Carnaval.)

Les autres ironies de notre planification initiale sont que beaucoup de temps a été passé à discuter d’organisation alors que l’essentiel du projet pouvait parfaitement dépendre d’un seul coordonnateur.  (moi, pour ne pas être faussement modeste.)  Nous avons aussi passé beaucoup de temps à parler financement et établir un système de commandites, alors qu’en fin de compte il était plus simple et plus juste de ne pas solliciter des commandites.  (Si j’ai fini par assumer les coûts totaux du site, ne pleurez pas trop pour mon portefeuille : j’ai déjà dépensé plus d’argent dans la salle de vente d’un Boréal qu’à payer l’hébergement de carnavalboreal2010.com pendant un an.  Ou, en termes que comprendrons les professionnels, « j’ai déjà payé plus cher des sessions de formation moins utiles. »)  D’hypothétiques prochaines éditions du Carnaval, heureusement, pourrons bénéficier de l’exemple laissé par l’édition 2010 pour diversifier l’organisation et aller chercher des commandites qui assureraient un autofinancement durable à l’événement.

Étonnamment, Je n’ai pas utilisé mon plein rolodex de contacts pour solliciter les participants de ce premier Carnaval; J’ai identifié un premier tiers de participants intéressants, technologiquement capables, et avec qui j’avais un certain rapport.  Après cette première vague de consultation, j’avais suffisamment de participants pour un horaire.  Des éditions futures auront plus de participants, surtout étant donné l’exemple laissé par le premier.

Les sujets abordés par la programmation étaient également influencés par le médium : Contrairement à un congrès où certaines discussions peuvent se clarifier par les premières interventions du modérateur, une table-ronde virtuelle devrait idéalement partir d’une question claire et inclusive, de façon à susciter une discussion soutenue.  Le format virtuel se livrant bien aux listes, URLs et références, j’ai profité de l’occasion pour quelques sujets de discussion pouvant profiter du copier/coller.  De plus, il semblait essentiel de profiter d’un congrès virtuel pour s’interroger sur des enjeux électroniques, qu’il s’agisse du futur des « véritables » congrès ou bien du livre électronique.

Au niveau technologique, le Carnaval a roulé avec des outils tout à fait communs.  C’est Blacksun.ca (hôte de plusieurs sites que vous connaissez déjà, y compris Fractale Framboise) qui nous a assuré que même leur forfait d’hébergement le moins dispendieux serait tout à fait convenable à nos besoins.  Ils ont eu parfaitement raison, même lors d’une journée où un gigaoctet d’informations a été transmis par le site.  Nous avons modifié la maquette-standard de WordPress « Kubrick » avec une image (et des couleurs subséquentes) de Laurine Spehner et quelques raffinements mineurs à l’interface.  Une seule extension (!) a été ajoutée au blog WordPress de base pour nous fournir des capacités plus élargies et il s’agissait du module de clavardage pour le foyer.  Bref, pas de technologie particulièrement compliquée pour le Carnaval : tout est à la disposition de n’importe qui voulant répéter l’expérience.

Une discussion prototype quelque jours avant le Carnaval nous a permis (même à un débit beaucoup moins élevé de ce qui allait nous tomber sur la tête lors de l’événement lui-même) d’apporter quelques corrections à la maquette, dont la diminution des niveaux d’arborescence de la discussion de quatre à deux niveaux.

Nos efforts promotionnels ont été minimes, ce qui (au contraire de la même affirmation au niveau technologique) n’est pas nécessairement une bonne chose : Dans un univers internet aux innombrables canaux de communication, il y aurait moyen de faire nettement mieux la prochaine fois.  Ceci dit, la communauté étroite des blogues voués à la SF&F francophone d’Amérique a fait un excellent travail à répercuter l’événement à notre audience principale.  (Marc Pageau nous a même conçu une affiche, qui a ensuite été réutilisée sur Facebook par les fans de l’événement!)

De petits changements suggérés par nos participants avant la tenue du Carnaval se sont plus tard avérés d’un succès éclatant.  Marc Pageau a suggéré d’ajouter la possibilité de laisser des commentaires aux Galeries, ce qui a été bien apprécié par les artistes et visiteurs.  Alexandre Lemieux voulait un module de clavardage qui, sous forme de Foyer, a permis un courant de communication continu lors du congrès.  Éric Gauthier a suggéré quelques modifications utilitaires à la maquette qui ont amélioré l’expérience de tous durant la journée du Carnaval.

Un de mes derniers gestes durant la préparation du carnaval a été le plus utile : Préparer le blogue pour que soient postés automatiquement les tables-rondes et salons à chaque heure.  Je soupçonnais que je n’allais pas avoir le temps de le faire durant la journée-même et j’avais raison, étant parfois surpris de réaliser que « Aaargh, ma table-ronde commence à l’instant! »  Tenter d’ajouter ce détail-là à une journée déjà surchargée n’aurait pas mené à une fin heureuse.

Mais quand le site est prêt, quand l’horaire est final, reste encore à gérer l’événement.

Gestion

Aider à organiser un congrès Boréal, c’est se condamner à ne pas être en mesure d’apprécier l’événement comme tout le monde : Il y a toujours quelque chose à faire, quelqu’un à aider, quelques détails à finaliser pour s’asseoir dans une sale et en profiter.

Gérer un Carnaval Boréal, c’est un peu la même chose.  C’est avoir six canaux de communication à surveiller pendant six ou sept heures, boire à même le fil de commentaires de tous les événements du Carnaval, et corriger dès que possible ce qui doit être corrigé.  La journée du Carnaval à été longue : J’ai effectué les quelques derniers changements au site à partir de 10h le matin; l’événement s’est mis à rouler un peu avant midi, et si j’ai réussi à me lever durant le hiatus de 18h45-19h00, je n’ai pas quitté le site pour plus de cinq minutes avant 20h30.  Mon modeste mal de tête à la fin de la journée avait plus à voir avec une posture inconfortable  et une alimentation horrible (Brio Chinotto et barres Nanaimo) qu’avec l’intensité de l’événement.

L’événement fut intense.  En plus de suivre les discussions, contribuer lorsque c’était approprié et répondre aux questions, j’ai dû corriger une galerie et modifier l’horaire en cours de route.  J’avais, en permanence, six courants de communication ouverts en tout temps :

  • Courriel personnel #1, pour communication avec l’hébergeur du site.
  • Courriel personnel #2, au cas où quelqu’un voulait me rejoindre directement.
  • Courriel du Carnaval (pour art et aaarghs)
  • Fil de commentaires unifié du site du Carnaval
  • Fil de clavardage du « Foyer » du Carnaval
  • Fil de l’étiquelle #carnavalboreal2010 sur Twitter.

La journée a consisté en surveiller le fil de commentaires unifiés du Carnaval, répondre, voir ce qui se passait sur les autres fils, et répéter.  Du multitâche de haute voltige… que je ne regrette pas du tout, parce que si vous pensiez qu’il est addictif de voir apparaître de nouveaux messages au cours de la journée, imaginez lorsque vous êtes de l’autre côté de la scène à penser « Ça fonctionne!  Ça fonctionne vraiment! »

Je n’ai pas assisté au congrès comme tout le monde, mais l’envers de cette médaille est qu’en consultant les archives de l’événement, je relis certaines discussions comme pour la première fois.

Leçons

Personne ne sait à ce moment-ci s’il y aura un Carnaval Boréal 2011.  Aucune décision ne sera prise à ce sujet avant discussion de vive voix au Congrès Boréal de mai 2010 à Québec.  Et s’il y aura Carnaval, je ne serai pas nécessairement de ceux qui vont l’organiser.

D’où cet ensemble de conclusions livrées à qui bon s’occuperont d’un congrès virtuel à l’avenir, ce que vous pouvez interpréter comme un ensemble de choses qui auraient pu être mieux faites durant cette édition-ci :

  • Un peu plus de marketing ne pas fait de tort. Nous avons bien rejoint une audience.  Ce n’est même pas près d’être l’audience maximale d’un tel événement.  L’obtention de commandites pour financer le Carnaval est directement liée à un effort de marketing.
  • Il faudrait fournir un tableau de bord aux participants. Les administrateurs du Carnaval ont accès à un tableau de bord très utile pour surveiller ce qui se passe sur le site, et une version améliorée de ce tableau de bord pourrait aider les participants.  Fournir un fil de toutes les contributions, en plus d’une fenêtre sur le foyer et une autre sur le fil Twitter de l’événement, pourrait aider à aborder le site.
  • Améliorons l’interface de contribution : Un blog qui reçoit une dizaine de commentaires par jour pardonne plus qu’un blogue en en reçoit 250 par heure.  Il y aurait donc de quoi améliorer l’interface de contribution.  De simples changements à la maquette, comme déplacer le bouton « Répondre » au bas de l’arborescence plutôt qu’au haut, aurait amélioré les choses.  D’autres modifications (telles des badges d’identification et des options de visionnement) peuvent être considérées pour la prochaine fois.
  • Plus de tables-rondes, moins de salons : En étudiant les événements les plus réussis du Carnaval, il semblerait que les tables-rondes avec panélistes désignés ont généralement été plus fréquentées et actives que les salons où personne n’était assigné à l’événement.  Ceci suggère qu’une bonne préparation de la part de participants ayant pris le sujet à cœur (et s’engageant à accorder leur attention à cette discussion-là en particulier) peut avoir un effet d’accélération des discussions.
  • Plus d’emphase sur l’écriture? Durant mes années comme programmateur du congrès Boréal, la constatation avait atteint la parodie : Rien n’intéresse autant les apprentis-écrivains qui viennent à Boréal que des événements sur l’écriture.  (Tout comme rien n’intéresse autant les participants-écrivains que la chance de parler de leur écriture.)  Les résultats du Carnaval suggèrent que cette tendance vaut aussi pour le pendant électronique de Boréal.
  • Allons chercher des participants plus loin : En tant que première tentative, le Carnaval Boréal a préféré joué près des zones de confort de ses participants.  Mais ceci étant un congrès virtuel, rien n’empêche d’aller recruter plus de participants de côté européen ou anglophone.  La diversité de l’événement serait rehaussée.  Résolution reliée : Offrir, par formulaire d’inscription, une opportunité aux gens de se porter volontaire comme participant bien avant la conception de la programmation.
  • Une deuxième édition profitera de la première : Ce n’est pas autant une leçon qu’une constatation : Nous avons écrit le manuel sur les congrès virtuels avec le Carnaval Boréal 2010.  Le scepticisme de bon nombre de participants a été confondu.  Pour une édition 2011, le Carnaval pourra compter sur une cinquantaine d’experts-évangélistes avec une compréhension imbattable de l’événement.  Ils savent maintenant comment fonctionnent le système, comprennent à quoi sert un Gravatar, ont appris à moduler leur participation de manière à durer plus longtemps (s’ils le désirent) et peuvent maintenant avoir hâte à la prochaine édition.  Celle-ci ira mieux, parce qu’elle peut dépendre de ce que tous les participants ont appris.

Conclusions

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 150 visiteurs dont 50 participants; 1450 commentaires en une seule journée pour un total d’environs 60,000 mots.  Pour un événement au fonctionnement que comprenaient à peine les intéressés au début de la journée, le résultat n’a pas été trop mauvais.  Ceux qui étaient vraiment plongés dans l’événement ont pu constater un rush nouveau et pourtant pas si éloigné de celui d’une bonne journée passée à Boréal.  Et que dire de plus au sujet de l’accessibilité globale du Carnaval qui ne peut être résumé par la présence d’Hugues Morin à partir d’une auberge du Guatemala?

Si nous n’avons pas atteint tous nos objectifs initiaux, ceux-ci restent à notre portée pour les prochaines éditions.  Nous pouvons montrer du doigt les archives de l’événement pour nourrir l’anticipation et la compréhension des prochains participants.  Peut-être qu’il sera plus facile d’obtenir des subventions; peut-être qu’un Carnaval pourra être vendu comme activité de promotion du congrès.

Après tout, vous en connaissez beaucoup d’autres occasions pour des douzaines de personnes à se réunir en plein hiver (et en plein confort) pour parler genres littéraires d’ici?

9 thoughts on “Carnaval Boréal 2010”

  1. Je voulais y assister…

    Hélas, je serai dans un atelier * de littérature jeunesse à Ottawa, regroupant des auteurs du Québec et de l’Ontario francophone.

    *Atelier – Écrire pour le public adolescent.

    Je vais penser à vous… avant et après!

    Michèle

  2. Et nous qui avions sélectionné la date du 30 janvier parce que “rien d’autre” ne ne passait cette fin de semaine-là… ah-ah-ah.

  3. Pas grave, Jean-Louis, j’vais parler de ton oeuvre !

    Pis le soir, je participe à un spectacle d’auteurs francophones à la Nouvelle scène, pour Haiti.

    Bon, on peut-tu t’envoyer un blogue à l’avance, Christian?

    Mes sujets :

    – Pourquoi le public se pitche sur la fantasy plutôt que la SF ces derniers années. Avec analyse politique.

    – La facon de montrer les saveurs de crème glacée littéraire (si la litgen est la vanille, quelles savoeurs ont les autes genres?)

    – Une lecture récente, que j’ai mise sur mon blogue, Les mystères de Polynésia, (ed. Sivori) un roman ambitieux de SF mêlée d’anthropologie de Jean-Pierre Bonnefoy (qui vit en Polynésie). C’est juste 770 pages avec ses trois lexiques…

  4. Michèle propose:

    “- Pourquoi le public se pitche sur la fantasy plutôt que la SF ces derniers années. Avec analyse politique. ”

    Et il y a pas mal a dire la-dessus, surtout aux angles socio-politico-économique. Ce qui se passe reflète l’air du temps. Précarité, crainte du futur, méfiance envers la science, croyances de plus plus profonde en la “pensée magique” , primauté accordé a “l’émotion ressentie”, sur l’image concrète qui frappe, plutot que sur “la réflexion entretenue” ou l’abstraction intellectuelle (Comme vous le démontre n’importe lequel journal télévisé ou meme simple film de délassement, en ce moment) , abandon de la logique pour l’irrationnel (meme et surtout de la part de ceux qui se disent fièrement “athés ou rationnels” la (Il y a un fanatisme de la antireligieux qui vaut bien l’autre… ) , mais sont les premiers a croire aux légendes urbaines, aux théories de complots multiples échevelées et abosolument aberranbts au simple niveau de la logique interne et de la causualité la plus basique.

    Le primat de l’impression sur le fait.

    De plus, la majorité des oeuvres de Fantasy canonique propose des modèles socio-économiqués, ou qui ont fait leur temps et prouver leur inadéquation a la modernité et a l,évolution, et surtout a la remise en cause des états de fait (C’est comme cela parce que c’est comme cela, et que cela l’a été de tout de temps… ) et des relations de pouvoirs au sein de la société (en éliminant toute possibilité de mouvement dans l,échelle sociale par une stratification de quasi castes (Nobles, Artisans, clercs, militaires, paysans, pretres et enfin sans prolétariat) ou figés (conservateurs) ou oligarchiques (la minorité ‘éclairée” guidant le troupeau ignare, pour son propre bien) ou meme rétrograde (valorisation de ll,ignorance sur l’instruction, de la “connaissance magique et révélée ou initiée” sur la “connaissance expérimentale concrète, matérielle et acquise par l’effort et l,intelligence” .

    Tout chagement, tout irruption de novum, tout basculement ou remise en cause de l’ordre des choses, de la stabilité et de la répartition de la propriété, des titres, des privilèges (Toujours défendus et aprement protégés) de quelle nature que ce soit est rejeté ou vu comme menacant (voir incarné par le Mal, dans une penés le plus souvent d’une dychotomie auto-entretenue pour ce que souhaite le plus long laps de tempos possible et prporement ahurissante… )

    Bref la peur, l’ignorance et l’abitraire du puissant (noble mais puisasant tout de meme) règne sans partage, car,elle favorise l’autorité, l,ordre et les possédants, fige le monde dans un moyen-age éternellement stagnant sans espoir de mouvement ou de renaissance possible, encore moins de l’émergence, de la présentation ou de l’adaption de concepts comme la démocratie (qui a échoué, dans le vrai monde réel, et est battue en brèche de toutes mainères partout) , de la répartition des richesses et la justice socile (Folie sanctionnée par l’échec et l’effondrement des pays dit socialites), ou de la notion de progrès ou mem de changement, qui est le grand ennemi de l’accumulation de pouvoir et richesse et du maintien du statue quo bénéficiant aux seuls etres ayant établi et définis les regles et modanités du dit statu-quo…

    Cela fait penser a l’époque de la vague post seconde guerre mondiale avec peur de la Science, de l’Atome et kles merveilleuses anti-utopies de 1984 ou Le Meilleur de Monde, mais sans la dimonsion dénociatrice ou préventive d’alors…

    Le message est, comme aux plus beaux jours de Pétain et du Duplessisme, comme de la plus grande puissance des Églises organisés: ne chargeons surtout rien, ne bouleversons pas l’ordre (naturel ou divin, en fait socila et économique) des choses, et vivons (pour la majorité) dans un servage mou, une abdication et une servitude librement consentie par la mojorité (et si ressurante et protrectrice) qui ne nécessite ni effort ni pensée (D’autres sont la pour ce faire, et ne s’ewn priveront pas… ) livrée a la protection bienveillante et paternaliste de ses maitres (auto-rpoclamée et inavmovible, comme classe, féodale ou guerrière, voire marchande, a tout le moins) repus et satifaits qui s’amuseront de jeux du cirque et d,intrigues pour que le plus fort, rusé ou intelligent ait la poche bien remplie (le droit a traire la vache du dessous qui se palint un peu peu parfois mais n’en peut la, faute de moyens, meme les plus primitifs et pacifiques) .

    Bref le célèbre portrait d’une botte (molle pour faire moins mal la) mais quand meme écrasant éternellement un visage humain, avec l’acquiscement commune du porteur la pbotte et de l,écrasé p”parceque c’est ainsi, et que tout changement (Seigeuir! Terreur! Cela pourrait etre PIRE la, est d’avance craint, abdiqué, redouté voir impensable et inconvable la).

    On pourrait en écrite un asrticle, et certaint l’ont deja fait d’ailleurs…

    Et je sais, il y a Le Guin, et Ayerdhal et quelques autres, qui propose “autre chose” , des utopies naturistes, des civilisations primitives et pré-industrielle en voie d’évolution, une magie logique et non- toute puissante, scientifique ainsi que des csociétés “vraiment différentes et démocratiques” ou, au moins, se quationnant et se remettant en question, tant au niveau des valeurs individuelles e que sociétales (Relire “The Ones Who Walk Away From Omelas” entre autres fables sur ces sujets hautement importants…

    Des gens qui ont plus de question que de sréponses et chez qui poser des questions au lieu de fournir des réponses est une signe de vraie stabilité, voire de simple santé mentale et d’arrivée a l’age adulte d’un individu et d’une société la…

    Mais, mais…

    Ces gens-la, ces oeuvres la, sont si rares, que ce soit en Fantasy (Gardienne de la tradition et de l’ordre… ) ou en Fantastique (ou toute altération, irruption et changement doivent obligatoirement etre sinonyme de peur bouleversante (contrairement au réalisme magique, ou ils vont de soit et sont acceptés comme faisant partie du monde et du vivant, en quelque sorte) , irruption de l,inacceptable et destruction de l’odre, du monde, de la société et de se spouvoirs établis et autres certitudes.

    Bref…

    J’en ai déja assez écrit la…
    René

  5. Amen, René!

    C’est encore mieux exprimé que je l’aurais fait. La fantasy qui rassure et dorlote comme les contes de fées…

    OUf! Je pars demain matin pour Ottawa et je vais essayer de coller quelques pensées pendant mon voyage en train.

    En attendant, j’ai osé critiquer.. hum, faire des compte rendus de lecture de quelques oeuvres, certaines de SF, dans mon blog de savante folle, sous l’entrée “lectures parallèles”.

    Je n’avais jamais trop compris le réalisme magique p-rapport à la fantasy-fantastique. Est-ce que Neil Gaiman en fait?

  6. Merci bien Michèle. On est moins, pour une bonne partie, d’accord la-dessus.

    Meme si j’aurais pu etre plus succinct, clair et argumenté.

    Et cela n’enlève pas (Ou plutot rien) ici a la bonne Fantasy (Cela existe, oui, oui… ) et au bon Fantastique, en tant que littératures, de divertissement,entre autres choses, ni ne condamne obligatoirement ces deux genres au conservatisme, a la réaction et au maintien de l’ordre établi (Il y a suffisamment de contre exemples pour espérer autre chose de ces genres, memes les-dits contre exemples sont souvent, si qualitativement supérieurs, quantitativement miniritaires.

    La fantasy (surtout la fantasy Urbaine-Moderne, allant de De Lint a Gaiman justement, et flirtant plus qu’un peu avec le réalisme magique, justement) ont leurs valeurs “progressistes” . La lecture de Le Guin, Gaiman et Wolfe le prouvent amplement.

    Meme la plus sauvage, guerrière et barbare sword and sorcery (quand elle prend, par exemple, le parti de montrer, sans concession, des mondes barbares et primitifs, féodaux sans concession, ou impériaux visant sur la conquete et l’exploitation (Empire Romain, pour prendre un exemple) peut avoir, si elle fait une descrition honnete de la condition humaine d’alors et des sociétés inégalitaires et vivant de la destruction, assimilation et réduction a l’esclavage des embres des autres sociétés et nations, une valeur exemplaire, dénonciatrice, positive, au-dela du palsir ludique que l’on peut trouver a la consommer.

    Meme chose pour le Fantastique. Un fantastique progressiste, celui qui admet, par exemple, la déviance, la différence, le coté “humain de l’autre, du monstre’ , celui qui examine sa présence en nous, reconnait l’irrémédiable part de l’irrationel en chaque etre humain, et sa nécessité, parfois, explore phobies, craintes et peurs (Un sentiment qui peut meme utile, surtout s’il est rationel. Sans compter ses possibilités d’explorations du psychisme humain et de ses étranbgetés sans nombres mais si riches…) : c’est la peur de se bruler qui empeche l’enfant de se foutre la main sur un rond poele chauffant, et se l’abimer, pour faire simple… ), dans des buts catharsiques ou térapeutiques, au-dela du sentiment de peur et d’horreur, de l’esthétique du morbide ou de l’angoisse, est envisageable, et existe…

    On peut le trouver chez Fritz Leiber (Our Lady Of Darkness, You’re all Alone) , chez Theodore Sturgeon (Bianca’s Hands, The Graveyard Reader), Nalo Hopkinson, De Lint, Gaiman et bien d’autres…

    Et loin de moi l’idée de nier le formidable potentiel de libération de soi et d’exorcisation des craintes et peurs, tant individuelles que sociales-sociétales, du Reve et de l’imagination. Comme du droit a l’évasion, au Reve et a l’Imagination, toutes nécessités fondamentks et bien humaines, mais…

    L’évacuation (presque totale0 des aspects sociaux, sociétaux et économiques que professent parfois (et le plus souvent tout a faint inconsciemment, dans le plus “innocent” des cas) la majeure parte de la Big Dumb Fantasy redublicative, comme on l’appelle parfois, me laisse, a la fois, pantois, incrédule et… stupéfait devant tant de distance envers le monde ou l’auteur vit et ses problématiques…

    Je m’en étais fait l’écho, il y a quelques années, lors d’un table ronde (qui fut en partie mal interprétée, et vue comme une attaque personnelle de certaines oeuvres par mes co-panélistes, me sembla-t-il) , qui eut alors, au moins, le mérite de réclamer un peu de conscience, de poser clairement les problèmes et de faire un peu de bruit. J’en suis encore assez fier la! 😉

    Pour le reste, je considère que la majeure partie de l’oeuvre pour adultes de Gaiman relève, le plus souvent, de la Fantasy Urbaine moderne, dans ma définition pratique de la chose, en tous les cas (parfois fortement “engagée” la, relire seulement une partie de ses nouvelles et son roman Neverwhere.par exemple) , pour s’en assurer, flirte plus souvent qu’a son tour avec un “magic realism” résolument moderne et très effectivement renouvelé et fait preuve d’une réelle originalité, tant thématique que formelle, dans son exploration du merveilleux et du Reve (mais jamais “déconnecté’ d’une certaine réalité douloureuse et bien présente” ni des etre hujmains et leurs contradictions et complexités inhérentes a notre condition d’individus vivant dans un corps social) en tant que donnée et besoin fondamentales de l’etre humain, ce qui me parait se situer a cent lieux des préoccupations (?) possibles des mauvais copieurs-colleurs de Tolkien ou Robert E. Howard.

    Toute littérature dérivative (C’est aussi vraie pour la majeure partie de la SF militarisque wet dreams, du Space Opera basique (cowboys and indians, pirates in space) , de l’exotisme de pacotille de certaines “Planet Story” et du brasnchouille pseud roman noir des imitateurs du cyberpunk a la septième génération, quant ils ne sont que reduplications de formules faciles et sanbs contact aucun avec la condition humaine ou sociétale, d’une manière ou d”une autre… ) N’est, apr définition, et ambition, que cela. Une dérivation, un ‘escapement” . Cela a sa valeur, n’en doutons pas mais, si elle est réelle, elle est… également fort limitée, et limitative, dans ses ambitions, ses réflexions et ses apports, de mem que les niveaux de plaisir de lectures qu’elle peut alors proposer, disons-le, sans poudre aux yeux et miroirs et fumée.

    Je terminerai sur une citation d’Orson Scott Card que je trouve assez juste la, pour une fois (Préface de l’anthologie Futures On Fire” ) :

    “The size of a writer’s audience tells you something about the audience. It’s tell you nothing about the writer. ”

    A quoi j’ajouterais:

    “En fait, cela en dit beaucoup plus encore sur la société dans laquelle cette écrivain vit, les valeurs qu’elle soutient, les aliénations qu’elle subit, ses intérets et ses points aveugles, les craintes qu’elle entretient et surtout la direction qu’elle désire collectivement prendre, ou que l’on désire lui faire prendre (conciemment ou non la) que quoique ce soit d’autre” .

    Voila, voila.

    Matières a réflexions.

    Et Bonjour Chez Vous, comme disait Le Prisonnier (Qui savcait bien de quoi il parlait, sur ces sujets-la, me si c’était fort métaphoriquement) !

    René

Leave a Reply to Michèle Laframboise Cancel reply

Your email address will not be published. Required fields are marked *